SCENE XVIII
AGLAÉ, ERNEST, madame VIÉTOF,
FRANÇOISE, portant des schalls.
MADAME VIÉTOF.
Déjà!... Et tu pleures.
ERNEST
C'est un enfantillage.
AGLAE.
Monsieur veut savoir absolument ce que mon cousin avait à me dire.
MADAME VIÉTOF , à Ernest.
Innocent! Comment! vous donnez encore dans ces puérilités-là? (A sa fille.) Et tu ne l'en as pas instruit, j'espère?
AGLAÉ
Certainement, non.
MADAME VIÉTOF.
Tu as bien fait. Mon cher monsieur Ernest, je ne sais pas jusqu'où vous iriez si l'on vous laissait faire. Il ne faut pas trop vous exagérer les
droits d'un mari (Elle rit.) Mais il est de règle
que les amoureux se querellent toujours... Avec cela, c'est le bon temps, avouez-le.
ERNEST
Je n'ai rien exagéré.
MADAME VIÉTOF.
Si fait , puisque ma fille se plaint.
ERNEST
Aglaé pourrait s'être trompée.
MADAME VIÉTOF.
Une femme ne se trompe jamais.
* ERNEST
Un mot m*aurait suffi.
MADAME VIÉTOF, avec ironie.
Un mot ?
AGLAÉ
Oui , maman ; voilà où il en est.
MADAME VIÉTOF.
Vous êtes aussi enfant l'un que l'autre. Eh bien , monsieur le despote , si je vous apprenais, moi, que cette terrible conversation m'était connue ; que je savais qu'il n'était question que d'une invitation pour votre bal de noce , où en seriez-vous avec vos éclats d'autorité ?
AGLAÉ , donnant à sa mère la lettre que Justin lui a remise.
Monsieur peut lire.
MADAME VIÉTOF, présentant la lettre à Ernest, qui la refuse.
(A sa fille.) Tu es trop bonne. (AEmest. ) Cette madame Dermance , qui a signé ce billet , est la mère d'une jeune personne que mon neveu re-