SCÈNE I
vous regardera pas. C'est vrai ; à peine touchionsnous à la barrière que Monsieur me dit de faire retourner le postillon, parce que votre maîtresse avait oublié quelque chose ; c'est sa boîte aux drogues.
MARGUERITE
Où Madame a-l-elle dit qu'était sa boîte ?
Voici la clef de son secrétaire ; vous y chercherez une autre clef qui est celle de l'armoire du salon , entre la cheminée et la fenêtre; c'est là que vous trouverez ce qu'elle demande.
MARGUERITE , ouvrant le secrétaire et ensuite l'armoire.
Je suis étonnée qu'elle n'ait pas envoyé mamzelle Suzanne.
JÉRICHO
Vous en parlez bien à votre aise. De la façon qu'ils sont empilés dans la voiture, il faut bien qu'ils y restent. En vérité, si je sais comment ils en sortiront !
( Clément entre. ) CLÉMENT.
Avez-vous trouvé , Marguerite?
MARGUERITE
Pas plus de boîte que sur la mai».
CLÉMENT
Alors il faut prendre la clef du chiffonnier ; si
i88 Le voyage.
ce n'est pas dans le chiffonnier , vous chercherez , à ce que m'a dit Madame , dans le dernier meuble qu'elle a fait faire.
MARGUERITE
J'ai toutes les clefs qu'elle m'indique , nous allons voir.
( Elle entre dans une autre chambre. )
C'est singulier, monsieur Clément; je suis vieux, je ne devrais aimer que les vieilles ; ce serait plus dans mon âge : eh bien! je ne sais comment ça se fait , plus je vais , moins je puis m'y accoutumer. Elles ont besoin de tant de choses ! C'est un tourment perpétuel. Les jeunes, du moins, savent ce qu'il leur faut , c'est tout clair. Je vous demande un peu, des drogues pour voyager!
CLÉMENT
On peut tomber malade.
JÉRICHO
N'y a-t-il pas partout des médecins et des apothicaires? Dieu me préserve des maîtresses qui se mêlent de médecine. La première que j'ai servie était dans ce goût-là ; pour un oui, pour un non , elle vous purgeait , elle vous mettait à la diète ; elle appelait ça être bonne maîtresse. Elle aurait