SCENE II. ao
JÉRICHO
Monsieur, ce n'est pas l'embarras ; puisque nous n'avons rien à faire.
l'hôtesse.
Vous ne m'en ferez pas de reproches, j'en suis sûre.
(Elle sort.) M. FLAMET , tirant sa montre.
Midi moins un quart ! et nous voulons coucher à Châteaudun ! Du train que nous allons , nous n'y serons pas arrivés à minuit.
L'HOTESSE , apportant de l'eau-de-vie.
Madame va descendre. ( a m. Flamet. ) Goûtez cela,
Monsieur. (Elle verse ensuite à Jéricho.) JÉRICHO, buvant.
Je commence à me faire une raison .
M. FLAMET
Je pourrai bien monter sur le siège , à coté de vous, jusqu'à Épernon.
JÉRICHO
On vous aura tout-à-fait chassé de votre voiture.
M. FLAMFT.
Je respirerai du moins.
2o4 LE VOYAGE.
MADAME DEMBRUN , chantant dans la coulisse.
Que de peine dans la vie
Pour quelques momens heureux.
( Entrant en scène.) Vous ne pouvez pas dire que je sois gênante. Trois grands quarts d'heure que je vous ai laissés pour déjeuner. C'est bien honnête.
M. FLAMET
On peut demander les chevaux.
MADAME DEMBRUM.
Comment donc ! mais certainement.
Vous n'avez plus rien à faire ?
MADAME DEMBRUN.
Je n'avais rien à faire. Seulement , pour ne pas vous tourmenter , je me suis amusée à mettre un corset , et j'ai bien fait. Il est certain que quand on n'est pas soutenue , on est moins à son aise.
M. FLAMET
Jéricho, les chevaux tout de suite.
JÉRICHO
Oui, Monsieur, tout de suite.
MADAME DEMBRUN , à l'hôtesse.
Madame , faites-moi le plaisir de presser tout doucement ma femme de chambre ; c'est une/excellente fille, mais elle est quelquefois bien longue à ce qu'elle fait.