‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 115 sur 232 · SCENE IL ao · texte numérisé non relu

SCENE IL ao

l'hôtesse.

Je l'aiderai s'il le faut, Madame.

( Elle sort. ) MADAME DEMBRUN , s'arrangeant devant une glace.

J'ai toujours préféré les petites auberges aux grandes, les gens sont plus à vous. Je mange si peu que je ne regarde pas à la cuisine. Pourvu que ce qu'on me donne soit propre , bien servi , que ça ait bon goût, c'est l'essentiel. Je tiens bien plus à ce qu'on ne me laisse manquer de rien. Et vous?

M. FLAMET , avec distraction.

Hein?

Avec cela je crois que j'ai un talisman. Tout ce qui m'approche aime à m'être agréable. Cette femme et sa fille sont assurément des femmes bien communes; c'est égal, je suis sûre qu'elles ont été pour moi plus serviables qu'elles ne l'ont peut-être jamais été pour personne. Ne pensez pas que je leur en sache gré , c'est mon talisman. A Paris , partout où je vas c'est un empressement inoui ; si j'entre dans un magasin, le marchand ne me laissera pas sortir que je n'aie acheté quelque chose. Ils aiment à me vendre, c'est facile à voir.

M. FLAMET

Et votre femme de chambre ? Les chevaux sont prêts.

*o6 LE VOYAGE.

MADAME DEMBRUN, appelant.

Suzanne ! Suzanne ! Rien n'est impatientant comme d'attendre. Appelez-la donc aussi, monsieur Flamet.

M. FLAMET

Mademoiselle Suzanne! mademoiselle Suzanne !

L'HOTESSE , entrant.

Elle descend, Monsieur; elle descend.

M. FLAMET

Qu'est-ce que je vous dois, Madame?

l'hôtesse.

C'est six francs , Monsieur.

Qu'avez-vous donc mangé pour six francs ?

( M. Flamet paie l'hôtesse.)

l'hôtesse.

Il y a de plus le feu de Madame; le lacet a été payé ; et les deux bouteilles de vin que j'ai fait mettre dans la voiture.

MADAMK DEMBKUN.

Il me semble que ça pourrait bien passer comme ça.

M. FLAMET , donnant encore de l'argent à l'hôtesse.

Je vais essayer de monter sur le siège d'ici à Epernon; il n'y a que trois lieues, je verrai.

MADAME DEMBRUN.

C'est d'autant mieux imaginé qu'en vérité j'en

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