SCENE IV. 23g
la gauche, une belle maison avec de grands jardins et un colombier peint en briques , c'est nous.
M. FLAMET
Jéricho , il me prend une idée.
JÉRICHO
D'aller chez M. Sénés , je gage.
M. FLAMET
Qu'en pensez-vous ?
JÉRICHO
Ma foi ! Monsieur, ce sera une lieue de sauvée.
On ne peut pas deviner le temps que madame Dembrun fera durer son orage ; du moins, comme cela , je pourrai prendre patience. Elle a parlé d'une heure ; qui sait ?
JÉRICHO
Est-ce que Monsieur me laissera ?
M. FLAMET
Il n'y a pas de doute ; et même , Jéricho, je vous recommanderai , pendant mon absence , d'obéir à madame Dembrun comme vous avez l'habitude de m'obéir.
JÉRICHO
Monsieur va-t-il lui parler avant d'aller chez M. Sénés?
a4o LE VOYAGE.
M. FLAMET
Vraiment non , elle trouverait moyen de m'en empêcher. Mais vous lui direz bien que je ne la retarderai pas d'une minute , et que je vais rester cloué à la grille dont nous a parlé Antoine. Surtout , Jéricho , quelque chose qu'elle fasse , quelque chose qu'elle vous dise , pas d'impatience , pas d'humeur; je vous en saurai gré. Si vous lui donniez la moindre contrariété , j'en serais inconsolable.
JÉRICHO
Partez sans inquiétude, Monsieur. Ce sera la première fois que j'aurais à souffrir par rapport à vous ; j'en serai content , parce que c'est une occasion.
Au revoir, Jéricho , au revoir.
JÉRICHO
Votre serviteur, Monsieur.
M. FLAMET
Je n'ai seulement pas demandé à Antoine s'il voulait se charger de moi.
ANTOINE
Ah ! pardine , Monsieur , c'est avec bien du plaisir.
( M. Flamet et Antoine sortent. )