SCENE IV
JÉRICHO, seul.
Je parie que je vais avoir du tapage. Ça me serait égal si Monsieur ne m'avait pas tant recommandé de me contenir. Il ne veut pas être dans son tort. Quel brave homme ! Voilà pourtant à quoi ça sert d'être savant , ça apprend à se posséder. Je ne suis pas savant , moi , il s'en faut diablement.
( Madame Dembrun enlre. ) MADAME DEMBRUN.
Jéricho, où va donc votre maître?
JÉRICHO
Chez M. Sénés, Madame.
Je l'ai vu monter en voiture.
JÉRICHO
C'est la voiture de M. Sénés.
MADAME DEMBRUN.
Et quand je voudrai partir?...
JÉRICHO
Nous le prendrons chez M. Sénés.
MADAME DEMBRUN , à Suzanne qui paraît.
Suzanne, voici du nouveau; M. Flamet qui fait des visites ! Nous allons à présent être obligées de courir après lui.
ix. 16
iL\i LE VOYAGE.
JÉRICHO
Il n'y a pas à courir , puisque l'habitation de M. Sénés...
MADAME DEMBRTJN.
Eh ! laissez là votre M. Sénés. Croyez-vous que je sois une idiote ? C'était concerté dès Paris, j'en mettrais ma main au feu. Je voulais prendre la route d'Orléans ; pourquoi sommes - nous venus par celle-ci ?
JÉRICHO
Parce qu'en général elle passe pour être plus douce aux voitures.
MADAME DEMBRU1V.
Dites plutôt parce qu'elle passe près de ce M. Sénés qu'on voulait voir à toute force. Au surplus , vous ne devez pas trahir votre maître ; c'est à moi de voir le parti que j'ai à prendre.
JÉRICHO
Madame n'avait qu'à ne pas avoir peur de l'orage.
MADAME DEMBRTJN.
Alors c'est donc pour me punir que votre maître a fait cette escapade ?
JÉRICHO
Je n'ai pas dit cela.