SCENE V
( Chez M. Sénés. — Un jardin avec une grille dans le fond. )
M. et Mme SÉNÉS, M. FLAMET, LUDOVIC.
LUDOVIC
Monsieur Flamet, je suis del'avis de ma sœur ; cette dame n'est pas ce que vous voulez nous faire accroire.
MADAME SÉNÉS.
Non. Il y a dans son impatience quelque chose d'amoureux qui le trahit.
M. FLAMET
Ce quelque chose d'amoureux est une peur affreuse d'être encore grondé.
Cela revient à ce que nous disions; c'est clair comme le jour. Consolez-vous, monsieur Flamet, le raccommodement n'en sera que plus agréable. M. FLAMET , riant avec bonhomie.
Vous êtes fou.
LUDOVIC
M. Flamet aura beau faire , je la verrai.
M. SÉNÉS.
J'espère bien que nous la verrons tous.
25o LE VOYAGE.
MADAME SÉNÉS.
Il ne faut pourtant pas pousser la plaisanterie trop loin.
M. SÉNÉS.
Ma femme a déjà peur.
MADAME SÉNÉS.
Si cela devait faire réellement de la peine à monsieur Flamet. . .
M. FLAMET
Amusez-vous à mes dépens ; riez tant que vous voudrez; vous êtes jeunes. Hier encore je riais aussi, moi.
LUDOVIC
Vous recommencerez à rire ce soir , monsieur Flamet. Après tout, votre sultane n'est pas undragon.
Ma sultane !
M. SÉNÉS.
Je vous répète que vous n'avez rien à vous reprocher. Cette dame n'étant pas décidée à repartir, ce que vous avez fait était tout simple.
M. FLAMET
J'aurais peut-être dû lui parler moi-même.
MADAME SENES
De quoi allez-vous vous inquiéter ?