‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 146 sur 232 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

que les nobles nous ont cédé la place, c'est à nous qu'on en veut. Quelle inconséquence ! Y a-t- il l'ombre de comparaison à faire ? La noblesse n'est qu'une fiction; l'argent est réel.

ARTHUB.

Malheureusement pour ces messieurs, cette réalité-là n'est qu'un rêve.

MADAME DUPU1S.

On assure cependant qu'il y en a parmi eux qui ne manquent pas d'une espèce d'aisance.

ARTHUR

Alors ce sont des ambitieux.

Il faut le croire. Ils ont beau déguiser cela sous des grands noms d'honneur national....

ARTHUR

L'honneur national est dans le crédit public.

MADAME DUPUIS

C'est frappant ce que vous dites là.

ARTHUR

Si la baisse eût continué, mon père pouvait se trouver dans le plus grand embarras.

MADAME DUPUIS

Mon mari n'était pas trop rassuré non plus. Il est pourtant épouvantable qu'une poignée de factieux puisse donner des craintes aussi sérieuses à des maisons comme les nôtres.

ARTHUR

Ils veulent nous faire peur des étrangers ! Comme si le premier besoin d'un peuple n'était pas la tranquillité intérieure.

MADAME DUPUIS

Savez-vous que vous devenez tout-à-fait politique ?

ARTHUR

On y est bien forcé ; le cours de la rente est subordonné à tout cela. Dites-moi donc pourquoi vous mettez ces boucles d'oreilles dès le matin ?

Que vous êtes enfant ! Vous ne voyez pas que ce sont des diamans que j'ai fait remonter et que j'essaie. Comme je vais ce soir à la Cour.. . .

ARTHUR

Vous y êtes bien assidue , ce me semble.

MADAME DUPUIS

Beaucoup moins que vous dans certaine maison.

ARTHUR

Quelle certaine maison ?

MADAME DUPUIS

J'éclaircirai cela; prenez-y garde.

ARTHUR

Je n'ai rien à craindre; vous pouvez prendre toutes les informations que vous voudrez.

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