‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 147 sur 232 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

MADAME DUPUIS

S'il y avait encore un peu de hausse aujourd'hui , me conseilleriez-vous de vendre ?

ARTHUR

Attendez.

MADAME DUPUIS

J'ai quelquefois peur. Mon mari n'aurait qu'à découvrir que j'ai des économies et que je les place à son insu.

ARTHUR

Il ne peut pas s'en douter; ce n'est pas sous votre nom.

MADAME DUPUIS

Venez donc ce soir au Palais-Royal.

ARTHUR

Je tâcherai.

MADAME DUPUIS , le forçant à se tourner de côté.

Il s'en irait pourtant sans avoir regardé ma robe.

ARTHUR

Elle est d'un goût parfait.

MADAME DUPUIS

Je me ruine; mais que voulez -vous? Il n'y a que nous pour donner de l'éclat à tout ceci ; il faut bien s'exécuter.

ARTHUR

C'est très-politique.

a;o LE JUSTE MILIEU.

MADAME DTJPUIS.

A soixante-quinze centimes de hausse , vous croyez que je ne ferai pas bien de vendre?

ARTHUR

Il n'y a pas de nouveaux bruits de guerre; pourquoi vous pressèriez-vous ?

Comme vous voudrez. JVIais , je vous en prie , Arthur, venez ce soir.

ARTHUR

Peut-on vous résister ?

{ Il lui baise la main et s'en va. ) MADAME DUPUIS , seule.

Soixante-quinze centimes, plus le bénéfice que j'ai déjà fait et le trimestre que j'ai reçu, ce serait assez joli pour de l'argent qui n'avait pas d'emploi.

( On annonce mademoiselle Pitou. )

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