SCENE
qui dirige les affections. N'êtes-vous pas de mon avis, ma sœur ?
MADAME DURAND
Très-fort , ma sœur.
MADAME LE DOUX
C'était aussi le sentiment de ce bon M. Ledoux. Il ne voyait personne de sa famille.
MADAME DURAND
Il avait pris le bon parti.
MADAME LEDOUX
Un parent l'aurait fait fuir à cent lieues.
MADAME DURAND
Cela ne m'étonne pas.
MADAME LEDOUX
Il n'a fait un testament en ma faveur que par haine contre ses héritiers.
MADAME DURAND
Ah ! si l'on n'était pas retenu par je ne sais quoi....
MADAME LEDOUX
Si le monde n'était pas si malin !
MADAME DURAND
Je vous assure que Coco, mon filleul, ne craindrait pas la misère.
MADAME LEDOUX
Mes deux orphelins pourraient en adopter d'autres à leur tour.
ix. 7
MADAME DURAND
Il faut prendre une résolution , ma sœur.
MADAME LEDOUX
Faites, et je vous imiterai.
MADAME DURAND
On en dira ce qu'on voudra.
MADAME LEDOUX
Nous ne serons pas là pour l'entendre.
Allons , ma sœur.
MADAME LEDOUX
Allons, ma sœur; puisque vous le voulez, mes deux petits orphelins auront ma fortune. Madame durand.
Je ne suis pas mystérieuse, moi ; mon testament en faveur de Coco est fait depuis longtemps.
MADAME LEDOUX
Je le savais, ma sœur.
MADAME DURAND. , jp>
Vous le saviez ! Par qui ? Je n'en ai fait confidence qu'à Coco. Je le vois; vous êtes adroite à tirer les vers du nez. Ce garçon est naïf.... C'est affreux, ma sœur, c'est épouvantable! Pourvu que vous n'ayez pas fait un mauvais usage de l'inconséquence de cet enfant !