‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 53 sur 232 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

qui dirige les affections. N'êtes-vous pas de mon avis, ma sœur ?

MADAME DURAND

Très-fort , ma sœur.

MADAME LE DOUX

C'était aussi le sentiment de ce bon M. Ledoux. Il ne voyait personne de sa famille.

MADAME DURAND

Il avait pris le bon parti.

MADAME LEDOUX

Un parent l'aurait fait fuir à cent lieues.

MADAME DURAND

Cela ne m'étonne pas.

MADAME LEDOUX

Il n'a fait un testament en ma faveur que par haine contre ses héritiers.

MADAME DURAND

Ah ! si l'on n'était pas retenu par je ne sais quoi....

MADAME LEDOUX

Si le monde n'était pas si malin !

MADAME DURAND

Je vous assure que Coco, mon filleul, ne craindrait pas la misère.

MADAME LEDOUX

Mes deux orphelins pourraient en adopter d'autres à leur tour.

ix. 7

MADAME DURAND

Il faut prendre une résolution , ma sœur.

MADAME LEDOUX

Faites, et je vous imiterai.

MADAME DURAND

On en dira ce qu'on voudra.

MADAME LEDOUX

Nous ne serons pas là pour l'entendre.

Allons , ma sœur.

MADAME LEDOUX

Allons, ma sœur; puisque vous le voulez, mes deux petits orphelins auront ma fortune. Madame durand.

Je ne suis pas mystérieuse, moi ; mon testament en faveur de Coco est fait depuis longtemps.

MADAME LEDOUX

Je le savais, ma sœur.

MADAME DURAND. , jp>

Vous le saviez ! Par qui ? Je n'en ai fait confidence qu'à Coco. Je le vois; vous êtes adroite à tirer les vers du nez. Ce garçon est naïf.... C'est affreux, ma sœur, c'est épouvantable! Pourvu que vous n'ayez pas fait un mauvais usage de l'inconséquence de cet enfant !

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