SCENE I. i
GEORGETTE
Dites donc tout de suite ce que vous voulez dire, monsieur Jules; j'ai une peur affreuse.
JULES
Quelle peur peux-tu avoir ?
GEORGEÏTE, pleurant.
Vous pensez à me quitter; c'est clair comme le jour.
JULES
Pas du tout; pas du tout; au contraire. Ecoutemoi donc.
GEORGETTE
J'étais malade , dimanche dernier ; vous avez été à Tivoli sans moi ; j'avais quelque chose qui me disait qu'il m'en arriverait mal.
JULES
Si tu parles toujours
GEORGETTE
C'est ma punition ; je m'y attendais. Ça ne pouvait pas finir autrement. Je l'ai mérité.
JULES
Georgette ! Georgette !
GEORGETTE
Si quelque chose peut m' excuser, c'est que certainement il faut que vous m'ayez jeté un sort ; car, sans cela , je ne vous aurais pas écouté plus
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qu'un autre. Mais , dès les premiers mois que vous m'avez dits, il m'a semblé que je vous connaissais, tant je vous ai trouvé doux et honnête. Les autres hommes sont si hardis ! Je ne voudrais pas vous répéter tous les propos qu'on me tient chaque fois que je sors pour reporter de l'ouvrage , et cependant je me mets toujours bien simplement.
JULES
Tu es si jolie !
GEORGETTE
C'est un mot que cela. Je suis jolie ! Mais , si vous me quittez , à quoi cela me servira - t - il ? Croyez-vous que je suivrai votre exemple; que je ferai une autre connaissance? Ah! l'horreur!
JULES
Tais-toi donc, Georgette; tais-toi donc.
GEORGETTE, sanglotant.
Non, monsieur Jules, je ne me tairai pas. Je veux que vous soyez bien sûr que jamais vous n'en retrouverez une autre comme moi. Qu'est-ce qu'il y a que nous nous connaissons? Il y aura déjà six mois le 4 du mois prochain. Eh bien ! je vous jure que je n'ai pas passé un seul moment sans m'occuper de vous. J'étais trop heureuse ; cela ne pouvait pas durer. Je n'avais pas assez d'esprit pour vous ; je le sentais bien. Aussi quand vous m'avez dit ,