‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 98 sur 232 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

CLÉMENT

Madame , voici la clef, voici les chevaux de poste, et voici ce monsieur.

( M. Flamet entre. ) MADAME DEMBRUN.

Bonjour , monsieur Flamet. Je suis toute prête, comme vous voyez ; je parie que vous ne vous y attendiez pas?

M. FLAMET

Pardonnez-moi, Madame.

MADAME DEMBRUN.

Une femme qu'on n'a jamais vue que dans le monde, toujours élégante , toujours recherchée dans sa toilette, on doit craindre qu'elle ne soit bien petite-maîtresse. En voyage, moi , je suis un garçon , un véritable garçon.

M. FLAMET

Tant mieux.

MADAME DEMBRUN.

Telle que vous me voyez , il y a déjà une heure que je suis sur pied.

Si vous êtes prête, les chevaux doivent être attelés, nous pouvons partir.

MADAME DEMBRUN.

Quand vous voudrez. Clément, aidez Suzanne à descendre ce sac de nuit et ce carton.

( CfémAt et Suzanne sortent. )

i74 LE VOYAGE.

MADAME DEMBRUN.

Vous ne serez pas fâché d'avoir mon sac de nuit pour mettre sous vos pieds.

M. FLAMET

J'avais le mien.

MADAME DEMBRUN.

Deux sacs de nuit , n'est-ce pas beaucoup ?

M. FLAMET

Nous n'avons pas autre chose dans la voiture ?

MADAME DEMBRUN.

Absolument que cela , et le carton qu'on vient de descendre.

M. FLAMET

Votre femme de chambre montant sur le siège à côté de mon domestique....

MADAME DEMBRUN , éclatant de rire.

Que dites-vous donc ? Suzanne sur un siège de cocher ! Elle ferait une belle mine si elle vous entendait i

M. FLAMET

Vous comptez la mettre avec nous?

MADAME DEMBRUN.

Il n'y a pas de doute. Vous ne connaissez pas Suzanne.

M. FLAMET

Tout ce que je sais c'est qu'elle est bien grosse.

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