SCENE IV
tent, mon cher Rodolphe; je serai votre sœur enfin. Il est temps de reprendre ma position. Je suis la comtesse de Hosemberg, veuve d'un brave général ; je resterai la comtesse de Rosemberg, veuve d'un brave général. On n'est pas obligé d'être la favorite d'une princesse. Je prouverai du moins à celle-ci qu'elle ne m'a pas mal jugée en disant cjue j'avais plus de fermeté encore que de sensibilité.
( Elle se renverse sur son siège eu mettant ]a main devant ses yeaz. ) LOUISE, annonçant.
Madame la comtesse de Furtzbourg.
(Elle fort.) LA COMTESSE, m relevant tout k coup.
La comtesse de Furtzbourg ! Elle m'a écrit ce matin une Jettre pleine d'espérance. Ah! mon cher Rodolphe, ce sont assurément de bonnes nouvelles qu'elle m'apporte.
RODOLPHE
Je puis donc vous laisser avec elle ?
Là COMTESSE.
Oui, oui. Je pe veux pas vous ennuyer davantage de toutes mes faiblesses. Courez la ville ; faites vos visites ; quand nous nous reverrons , il est probable que je ne serai plus aussi maussade.
RODOLPHE
Je vais passer par le jardin.
(n sort d'un oôttf du théâtre , tandis que madame de Furlabourg entre par l'autre. ) LA COMTESSE, allant aa-nlevant de madame de Fnrtcboorg.
Enfin vous voilà !
MADAME DE FURTZBOURG.
Vous m'attendiez donc avec une grande impatience?
tt^l LA mSGEAGE.
LA COMTESSE
Pouvez-vous en douter^ d'après la lettre que vous m'aviez écrite?
MADAME DE FUBTZBOtJRG.
Je croyais vous trouver dans un calme parfait. Je vous avais toujours dit qu'il fallait laisser passer le premier moment Malgré tout son fracas de dignité blessée, où la margrave trouverait -elle jamais une personne qui lui convînt comme vous ?
LA COMTESSE
On parlait de madame de Walter.
MADAME DE FURTZBOURG.
C'est moi qui ai mis tout cela en train.
LA COMTESSE
£h quoi!
MADAME DE FURTZBOtJBG.
Sans doute. Toute la cour était persuadée que ce serait madame de Walter qui vous remplacerait, que la margrave n'en savait pas encore le premier mot. J'avais choisi madame de Walter positivement parce que c'était ]e choix le plus antipathique à la margrave , et que sa dignité s'en trouverait d'autant plus offensée. Cette dignité est bonne à tout.
LA COMTESSE
Mais ipadame de Rudens qui a de l'esprit....
MADAME DE FURTZB013RG.
Il faudrait d'abord savoir ce que c'est que cet espritlà. Quand une chose nous séduit, on devient sî cré-