SCENE IV. 2Z
dule! Chaque personne que je lui envoyais ne lui portait que des félicitations; jusqu'à votre bon évêque qui est venu me demander en confidence, ce matin^ en sortant de chez vous, s'il ne ferait pas bien d'aller aussi lui rappeler qu'il était un peu de sa famille. c( Allez-y, mon cher évêque ; ne perdez pas un instant. » Vous jugez de sa diligence. L'évêque y allant , toute la cohue a suivi. Le bal demandé au grandmaréchal a mis le feu aux étoupes ; et la margrave , frappée de l'isolement où elle se trouvait , m'a fait demander.
LA COMTESSE
Vous!
MADAME DE FURTZBOURG.
Quel air effrayé ! N'allez-vous pas croire que c'était pour m'accabler'de vos dépouilles? Rassurez -vous. Je ne suis pas assez complaisante pour un tel emploi ; des froideurs, des bouderies me feraient rire; Thonneur de marcher la première derrière une princesse ne me paraît pas valoir le plaisir d'aller seule partout où je veux ; je n'aime pas les questions ; je n'endurerais pas de reproches ; des airs de hauteur seraient pour me faire fuir à cent lieues. Vous voyez que je ne suis pas à craindre.
Enfin que s'est-il passé entre la margrave et vous?
MADAME DE FURTZBOUAG.
Elle a commencé par battre un peu la campagne.
LA COMTESSE
Et par vous dire beaucoup de mal de moi.
MADAME DE FURTZBODRG.
Non. Il parait que c'était fini; elle était même assez tendre. « Qu'est-ce qu'on me feiit faire ? m'at-elle demandé : j'aime beaucoup madame de Rosenaberg. »
LA COMTESSE, avec H plus mo ëmoUon.
En vérité !
MADAME DE FURTZBODRG.
Si VOUS n'êtes pas plus philosophe que cela, je ne continuerai pas.
LA COMTESSE
Continuez, continuez, excellente amie. « J'aime beaucoup madame de Rosemberg. i> Vous en étiez là.
MADAME DE FDRTZBOURG.
« Il est sûr qu'elle a eu des torts envers moi, » Cest toujours la princesse qui parle. « Mais on s'est plu à les exagérer. » C'était là que je l'attendais pour lui feire un commencement d'histoire que j'avais préparée à l'avance. Je suis si persuadée que le commérage a pris naissance dans une cour, que je ne crois pas m'écarter de l'étiquette en m'en servant toutes les fois qu'il m'est nécessaire.
LA COMTESSE
Qu'elle est franche !
MADAME DE FURTZBODRG.
<c Madame, ai-je répondu, les torts de madame de Rosemberg ne sont que le résultat d'une intrigue pour vous donner madame de Walter; sans cela, pourquoi aurait -on pressé avec tant d'instance le départ du courrier qui devait porter votre lettre?