‹ Proverbes dramatiquesChapitre 129 sur 255 · SC£NE V · texte numérisé non relu

SC£NE V

MADAME DE FURTZBOURG.

Les paroles que je lui ai portées de la part de Votre Altesse lui ont rendu la vie. Je n'exagère pas.

LA MARGRAVE

Je le crois bien. Mon impatience était si grande que je n'ai pu attendre votre retour; je lui ai écrit. Étiez- vous chez elle lorsqu'elle a reçu ma lettre ?

MADAME DE FURTZBOURG.

Non , princesse.

LA MARGRAVE

Je lui mande que je veux qu'elle vienne à ce bal , qu'elle y arrive après moi, conduite par le grandmaréchal à qui je donnerai l'ordre de l'aller chercher. Cela nous ôtera l'émotion d'un rapprochement et me vengera de ce noble complaisant de son maître. Pom* monsieur de Neubrunn , jamais il ne sera le gouverneur de mon fils ; c'est sur quoi il peut bien compter. La Rudens et la Greenschloff recevront l'ordre de ne plus paraître devant moi. Quant à la belle Walter.... belle !.... Croyez-vous sérieusement , madame de Furtzbourg, que le margrave... Non, non; cela est impossible. Elles se seront compromises comme des folles. Ce collier qu'elles prétendaient avoir reçu, et qu'elles ont acheté quarante mille florins.

MADAME DE FURTZBOURG.

On m'avait dit soixante mille.

LA MARGRAVE

Soixante mille! Comme tout se sait cependant! Un

bon exil doit me venger de cette impertinente. N'estce pas votre avis?

MADAME DE FURTZBOTJRG.

Je croîs j princesse, que madame de Rosemberg, qui tient tant à votre gloire , vous demandera comme une grâce de laisser tomber dans Toubli toutes ces misères.

XA MABCRAVE.

Misères j madame de Furtzbourg! Vous appelez misères un complot pour rendre le margrave ridicule, et la hardiesse de me supposer, moi, assez faible pour laisser usurper mes droits. Ah ! si les reines de France qui ont été délaissées pour des créatures comme la Walter avaient eu mon énergie !»..

MADAME DE FURTZBOUEG,

Votre Altesse craindra de flétrir Ta venir d'une iemme aussi jeune.

LA MARGRAVE

Que m'importe?

MADAME DE FURTZBOUBC,

En poussant les choses à cette extrémité contre ellCj ne pourrait-on pas appréhender de donner au margrave un prétexte pour la défendre,

LA MARGBAVE.

Contre moi? cette idée est affreuse! Je le sens à présent; c'est moi que Ton voulait perdre en me séparant de ma fidèle Uosemberg. Je vais lui écrire,

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vienne tout de suite. Souffrante ou noii| elle me

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