SCENE VI. ti
lï: maréchal.
Oui j madame , de ce matin , avec la pension. Ça paie mes chevaux.
LA COMTESSE
C'est forthonorable.(Biber paraît.) Vous ne me suivrez pas, Biber; mais vous aurez soin qu'on vienne me chercher à minuit chez monsieur le grand-maréchal. (Biber sort.) Yous nc venez pas avec nous, madame de Furtzbourg?
MADAME DE FURTZBOURG.
A im bal ! Je ne vois jamais la cour que quand elle est en deuil.
LA COMTESSE
Et vous , mon frère ?
RODOLPHE
J'ai une excellente raison , moi; je u ai pas apporté d'autre uniforme que celui-ci.
MADAME DE FURTZBOURG , li la comtesse.
Partez, partez; ne vous faites pas attendre. Je vous verrai demain matin.
LA COMTESSE
Demain matin, demain au soir, toujours, sans cesse, et ce ne sera pas encore assez, (a Louise.) Je permets qu'il y ait un petit bal entre mes gens ; vous y présiderez.
( Elle donne la main au grand-mar^chal , et ils sortent ensemble.) MADAME DE FURTZBOURG.
Yoilà un grand changement , j'espère.
2tt6 LA BIS6RAGE.
RODOLPHE
Singulière joie ! singuliers chagrins ! Ce qu'il y a de bien sûr, c'est que je n'éprouverai jamais ni l'un ni l'autre.
MADAME DE FURTZBOURG.
Venez donc dire cela à ma nièce; vous l'enchanterez.
RODOLPHE
Vous me donnez bien des regrets , madame , par cette séduisante invitation ; mais mon congé est si limité, que j'ai fait demander des chevaux de poste pour repartir tout de suite.
MADAME DE FURTZBOURG, sëcbement.
Vous n'aurez pas fait un long séjour ici.
( Elle sort ; Rodolphe la recooiliiit. ) LOUISE, Mille.
Cette pauvre nièce de madame de Furtzbourg a du malheur. Monsieur Rodolphe ne se soucie pas de payer pour madame; il a raison. Il est jeune ; il est
beau garçon ; il peut attendre. (Contrefaisant madame de Furtsboarg.)
ce Venez donc dire cela à ma nièce , vous l'enchanterez. » Je t'en souhaite.
RODOLPHE , revenant.
De quoi ris-tu ?
LOUISE
Est-ce que tout ce qui se passe n'est pas fait pour me donner de la joie ?
RODOLPHE
D'après ce que tu m'avais dit tantôt, j'aurais cru que cela te serait plus indifférent.