SCÈNE V
M. DE QUERVILLE, mademoiselle LEFÈVRE,
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Je trouve qu'à la campagne les domestiques se donnent plus d'importance qu'à Paris.
M. DE QUERVILLE.
Il faut bien qu'ils s'amusent à quelque chose.
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Le cocher, tantôt, me faisait rire. Il était dans la basse-cour à regarder, les bras croisés , le garçon de ferme qui pansait vos chevaux. On aurait juré d'un
personnage. ( Elle se croûe les bras et imite les airs du cocher. ) CC ËSt - Ce
comme cela que je vous avais dit de vous y prendre? Qui est-ce qui m'a bâti un pareil maladroit ? Recommencez; allons, recommencez. Secouez donc votre étrille. Vous n'avez pas pour un sou de mémoire. »
(Elle rit.)
M. DE QUERVILLE , riant aussi.
Je le reconnais bien là ; il est si soigneux.
MADEMOISELLE LEFÈVRE
Menant montre aussi à la fille de basse-cour à faire la cuisine. Ça lui est fort commode; il met tout en train, part pour la chasse, ne revient guère que sur les quatre heures, et en est quitte alors pour donner la grande main, dresser ce qu'il y a à dresser. Personne ne se plaint; tout est pour le mieux.
268 L'ENSEIGIVEMENT MUTUEL.
M. DE QUERVILLE.
Je ne savais pas cela. C'est assez bien ; s'il tombait malade, on ne serait pas pris au dépourvu.
MADEMOISELLE LEFÉVRE
Cest à quoi j'avais pensé.