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SCENE XXI

Laroche^ c'est encore une chose sur laquelle il faut

appuyer auprès de madame Hébert. Monsieur Saint-

Utsunt n'aura pas manqué de me peindre comme un

homme à part; il n'en est pas moins vrai cependant

que tous ceux de mes camarades qui ne sont pas des

brutes y ou des ambitieux à qui on a persuadé qu'ils

ont une crosse d'évêquedans leur bréviaire, comme

on disait aux soldats qu'ils avaient un bâton de

maréchal de France dans leur giberne, préféreraient

une position franche à celle où on cherche à les

mettre.

' mâdam:^ laboche.

Je n'ai pas absolument besoin de savoir cela.

RAYMÇND.

Puisque vous ne voulez pas que je m'explique avec madame Hébert, il faut bien que je vous mette en garde contre les calomnies que je redoute. Tout ce que je vous dis dans ce moment-ci , c'est comme une confession;- je ne le répéterais à personne, mais à vous, à Julien.... Quand il y va de l'opinion que madame Hébert peut se former de moi , ne dois-je pas prévoir toutes les fausses impressions qu'on aurait pu lui donner?

MADAME LAROCHE

Vous qui parlez si peu ordinairement, je ne vous reconnais pas. Et toujours ma()ame Hébert ! Il semblerait que quand j'aurai répété à madame Hébert tout ce que vous venez de me dire , elle n'aura plus qu'à vous épouser. Rien ne va aussi vite que cela , • mon enfant.

• JULIEN , cberchant li entralaar Haynoad.

Viens. Laissons faire madame Laroche^

RAYMOm).

C'est que madame Laroche ne m'a pas dit pourquoi je ne pouvai/ pas rester.

MADAME tâAOGHB.

Parce que vous diriez quelque folie, et que si madame Hébert consentait à se t-emarier, ce ne serait assurément pas avec un fou.

RAYMOND

Je vous obéis. Aussi bien je sens que je suis trop ému, et que, comme vous le dites, madame Hébert s'y méprendrait peut-être. Mais, de grâce, n'oubliez rien , madame. Que madame Hébert ne voie plus en moi un enfant dont elle a pris soin, mais un homme dont l'expérience a été avancée par la réflexion , un homme que ses supérieurs estimaient assez pour lui faire faire encore ici , tout à l'heure , par Tentremise de monsieur Saint-tJtsunt lui-même, les offres les plus avantageuses. Elle peut le lui demander ; à moins qu'il n'ait abjuré tout sentiment d'honneur, il sera forcé d'en convenir. On ne me reproche que d'avoir trop de chaleur d'âme , des idées trop arrêtées , de n'être pas assez flexible à des combinaisons qui me piaraissent funestes. Sont-ce là des reproches que l'on ferait à un enfant ? Il y a des maris à barbe grise qui tie

seraient pas si sûrs que moi. (Il s'arrête at ne peut pas s'empedier èe

rire. ) Qu'il faut être ensorcelé comme je le suis pour oser parler de soi avec autant d'assurance ! Mais j'ai

vingt et un ans, i,l faut bien que je prolive que je Taux mieux que cela. Je vais chez vous, madame; songez avec quelle anxiété je vous y attendrai.

JULIEN

As-tu fihi?

RAYMOND , tomjoiirs à matUipe Laroche.

Ce n'est ni corïime philosophe ^ ni comme esprit fort, que je quitte le séminaire; mais il me serait impossible de faire des vœux avec la certitude de ne pas pouvoir les accomplir.

( Il prend le bfas de Julien et aort avec lui. )

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