SCÈNE IIL
LES PBJcéOBRTBS, MADAME HERFORT.
MADABIE HERFORT.
Bonsoir y madame, comment va la santé?
IfADABU^ I»S MÉRIGNT, Mariant.
Si VOUS saviez de quoi j'étais malade Mais n'en
parlons plus Madame Morin , si je passe demain
matin chez vous, tâchez de pouvoir me parler^
MADAME MORIN
Madame doit être assurée que je quitterai tout pour die.
(EUfl sort i^Tec mademoiselle F^ldtë qui emporte le cartoiv) MADAME HERFORT.
Est-ce que c'est une marchande de modes ?
MADAME DE MÉRIGNY.
Oui.
MADA^ffE HERFORT.
le ne la connais pas.
MADAME DE MERIGNY.
Une merveilleuse comme vous ne doit pas connaître madame Morin.
MADAME HERFORT
. Ce n'est pas que je sois mei*veilleuse ; mais depuis
' que j'ai pris la toilette en dégoût , je ne vais que dans
les premie]> magasins. On paie trois fois plus dier ;
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mais au moins on est sûr d'avoir des modes convenables sans être obligé de s'expliquer. C'est beaucoup.
MADAME DE BIÉRIGIfY.
Eh bien ! la pièce nouvelle?
MADAME HERFORT
Détestable.
.MADAME DE MERIGNY.
Elle est tombée?
MADAME HERFORT
Au contraire, un succès fou; on a demandé l'auteur. Je me suis en allée pour ne pas l'entendre nommer; c'était si ridicule!
MADAME DE MÉRIGNY.
Vous n'êtes guère curieuse.
MADAME HERFORT
Qu'est-ce que cela m'aurait appris? Il était clair que c'était un triomphe arrangé d'avance, un mot donné. Monsieur Liéven , qui était dans une loge en face de moi, applaudissait à se faire remarquer. Monsieur Liéven enthousiaste! S'il n'y avait pas quelque chose là-dessous, est-ce que ce serait croyable?
MADAME DE MERIGMY.
Les personnes avec lesquelles vous étiez paraissaient-elles contentes aussi ?
MADAME HERFORT
Ce sont des personnes qui ont une loge à l'année, et qui sont toujours contentes pour peu qu'on leur donne quelque chose qu'elles n'aient pas vue cent fois.
4flO LA PREIKIERE REPBÉSEIVTATIOM.
, J'ai pourtant peine à croire que .monsieur Liéven^ qui ne manque pas de goût, se soit mis en avant
MADAME HERFORT
C'était peut-être pour plaire à une dame avec laquelle je le voyais en grande conversation, et que j'ai supposée être une amie de l'auteur. Je n*^en sais rien; je ne veux pas le savoir.
MADAME DE MÉRIGNY.
Connaissez'Vous cette dame ?
MADAME HERFORT
Non , Dieu merci ! Une femme qui souffre qu'uw homme avec lequel elle est se donne tout le mouvement que se donnait monsieur Liéven , n'est pas une femme à connaître.
MADAME DE MÉRIGNY.
Comment aurait-elle pu l'empêcher?
MADAME HERFORT
S'il eût été question d'un chef-d'œuvre encore; maiâ pour un amas de niaiseries, de platitudes, c'est de la dernière inconvenance. Vous verrez cette pièce; et vous jugerez alors le prétendu goût de monsieur Liéven^