VI
comme elles sont. J'avoue que j'aime monsieur Edouard , et que je serais fâchée qu'on le sacrifiât pour monsieur de Bretignac, que je n'ai jamais vu. Et vous, monsieur du Rosnay ?
M. DU ROSKAT.
. Je ne suis pas encore très au fait.
MADAME DUBREUIL
Il doit venir ce soir ici un jeune homme qui se nomme le comte de Bretignac. Il est possible qu'il ait des vues surVictorine,nous n'en savons rien.... Mais comme on ne peut pas compter sur monsieur Edouard de Latour avant que son père , qui avait pris des engemens dans une autre famille, ait trouvé moyen de les rompre
VICTORINE
Je crois bien qu'ils doivent être rompus à l'heure qu'il est , maman.
MADAME CARRÉ
Tu vois, cette petite est plus au courant que toi. Monsieur de Latour le père a connu monsieur Carré ; il sait que c'était une des plus belles réputations dans le commerce des bois
MADAME DITBREUIL.
Maman, ne parlez pas si souvent de votre commerce....
MADAME CARRÉ
Laisse-m'en parler au moins devant monsieur du Rosnay. Il n'y a pas non plus de quoi être si honteuse d'avoir fait un commerce qtii nous a valu qua-
SCEIVE III. 4.S1
rante mille livres de rentes. Voilà ce que je crains : si ta fille épousait monsieur de Bretignac et qu'elle devînt comtesse, ce serait encore pis, je n'oserais plus dire un mot. Qui donc vous a mis dans la tête votre monsieur dé Bretignac ?
MADAME DDBREUIL,
Sa famille est de la connaissance de madame de Crédîcourt.
MADAME CABRÉ
Il ne manquait plus que cela. Monsieur du Rosnay, vous ne venez pas assez souvent ici pour avoir rencontré madame de Crédicourt, j'en suis fâchée; vous m'auriez dit ce que vous en pensiez. Quanta moi, elle ne me plaît guère.
MADAME DUBREUIL
Vous ne pourriez pas dire pourquoi, maman.
MADAME CARRÉ
Tu as raison; mais on a un instinct qui fait qu'on se sent de Téloignement pour certaines personnes. Madame de Crédicourt est trop légère pour son âge.
MADAME DUBREUIL, en riant.
Je n'ai jamais vu maman aussi frondeuse qu'aujourd'hui.
M. DU ROSNAY
Allons, allons, madame Carré, vous me reprochez quelquefois d'être maussade.
MADAME CARRÉ, k M. du Rosnay et à madame Dubreuil, tati4i» que Vktoriite s'arrange devtnt aoe glacé.
Je ne suis pas maussade. Si je pouvais croire que
4M LA BOHIVE MAMAN.
monsieur de Bretignac fut véritablement amoureux de Victorine
MADAME DUBREUIL
C'est une chose à peu près sûre.
MADAME CABBÉ.
Il faudrait encore que Victorine n'eût pas d'éloîgnement pour lui.
MADAME DUBREUIL, loi moHtrant Tictorine, qui est toajoars devant la glace.
Regardez-la donc. Pour qui prend-elle tant de soin?
MADAME CABBÉ.
Pauvre petite ! c'est tout naturel. Une entrevue a beau déplaire, on ne veut pas faire peur.
UN DOMESTIQUE, & madame Dohreuil.
Madame , voici plusieurs personnes qui arrivent.
(n sort.) MADAME DUBBEUIL.
Maman , vous permettez que je vous laisse dans votre salon? (A victorine.) A vez-vous fini, Victorine? Venez avec moi.
(Elles sortent. >