‹ Proverbes dramatiquesChapitre 240 sur 255 · SCENE Vn. 46S · texte numérisé non relu

SCENE Vn. 46S

nagemens que dafnandent les conveDances Tis-à-vis de madame Carré, pour les personnes qui ne me connaissent pas, auront l'air d'être dictés par l'intérêt.

MADAME DE CRÉDICOCRT.

Quelle folie! qui est-ce qui pourrait penser cela?

M. DE BRETIGNÂC.

Je puis affirmer cependant que si, en renonçant à tout ce qu'elle aurait l'intention de faire pour mademoiselle Victorine, j'étais sûr d'obtenir son consentement....

MADAME DUBREUIL

Mais non , mais non. Ma mère ne permettra jamais qu'on marie sa petite-fille sans lui £aire des avantages; monsieur du Rosnay serait le premier à s'y opposer. Elle s'était accoutumée à d'autres idées; il faut lui laisser le temps d'en adopter de nouvelles ; elle les adoptera.

M. DE BRETIGNAC.

Vous sentez bien, madame, que, n'ayant pas de fortune positive , je dois craindre toutes les interprétations. A peine osé-je parler des sentimens que m'a inspirés mademoiselle votre fille. Je ne me fais pas meilleur qu'un autre. Peut-être si j'apprenais qu'un > officier qui n'a qu'un nom et son grade recherche en mariage une jeune personne d'une famille riche, et qu'on me dît qu'il ne la recherche que parce qu'il la trouve adorable, je ne pourrais pas m'empêcher de sourire. Pourquoi ne craindrais -je pas que le monde eût la même pensée à mon égard ?

MADAME DE CREDICOURT.

Vous êtes d'une ingénuité puérile, mon cher comte.

Il ne faut pas jouer son bonheur sur ce qu'on dira ou ce qu'on ne dira pas.

M. DE BRETI6NAC.

Je le sais bien , et pourtant cela m'a toujours gêné dans le peu de conversations que j'ai eues avec mademoiselle Victorine. Elle ne peut pas se douter dû charme que je trouve en elle ; elle a pu croire que je ne rendais pas assez de justice au naturel et à la délicatesse de son esprit; que sa beauté me paraissait vulgaire. Pourquoi ? parce qu'une maudite barrière d'argent se trouvait entre nous deux.

MADAME DE CREDICOURT.

Que ce langage est vrai !

M. DE BRETIGNAC.

Je suppose même que mademoiselle Victorine ne m'eût pas inspiré des sentimens aussi vifs que ceux que j'éprouve pour elle , je vous demande pardon , mademoiselle, de parler ainsi devant vous (c'est la première fois) ; ne serait-ce pas encore le comble de la félicité pour moi que de devenir le fils d'une personne aussi distinguée que madame Dubreuil? Je n'ai jamais eu de famille ; c'est tout au plus si j'ai connu ma mère.... et j'en retrouverais une telle que mon cœur l'a rêvée tant de fois.

MADAME DUBREUIL, avec affectioo.

Monsieur de Bretignac , il faut que vous alliez parler vous-même à monsieur du Rosnay.

MADAME DE CREDICOURT.

Vous connaissez tant de monde au ministère de la guerre; faites-lui des offres de service.

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