‹ Proverbes dramatiquesChapitre 34 sur 255 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MADAME DE SELMAR, M. DRAVEL, madame ÉMERY

OÙ étes-vous donc, ma chère amie?

• MADAME DE SELMAB.

Je parlais à mon oncle, qui ne veut pas entendre le sermon-

MADAME ÉMEHY.

Comment! monsieur Dravel, un homme comme vous j qui pense si bien !

M, OEAVEL.

Si je pense si bien, je n'ai pas besoin d'être sermonné. Allez, allez, mesdames : suivez la mode; mais laissez un pauvre vieillard traiter plus sérieusement que vous les choses sérieuses,

MADAME ÉMERY

C'est positivement parce que vous êtes uu vieillard, que vos cheveux blancs feraient un bon effet au milieu de toute cette jeunesse. Une foi vive et ardente a tant d'éclat dans un ancien militaire dont la poitrine est couverte de décorations.

M. DRATEU

On dirait que vous doutez de Téloquence de votre jeune apôtre.

aCCIVE II. «7

MADAIHE DE SELMAR.

Dame, mon oncle, c'est son début.

MADAME ÉMERY

D'ailleurs, les signes sensibles ne doivent jamais être négligés. M. Dravel a une si belle tête! et, tout justement au milieu du front, une cicatrice, comme si on l'eût fait faire exprès.

M. DRAVEL.

Heureux âge que le vôtre, mesdames!

MADAME ÉMERY

Est-ce que vous n'approuvez pas le parti qu'elle a pris? Moi, je le trouve admirable. Un sermon sans peuple , à une heure si commode , où l'on n'est dérangé ni par des bedeaux , ni par des suisses d'église,

ni par des ouvreuses de (Eiie se reprend.) ni par des

loueuses de chaises. On est à ce qu'on fait, bien , chaudement, en bonne compagnie; c'est délicieux. On peut au moins parler à droite ou à gauche indifféremment; c'est tous gens de conïiaissance.

MADAME DE S^LMAR.

Venez, mon oncle.

Je te dis que non. J'ai un trop grand inconvénient : tout le monde dort au sermon ; moi , j'y ronfle. Dans une église, cela se perd; mais dans une chambre, vois donc un peu.

MADAME DE SKLMAR.

Il y a tant de personnes à regarder ! Vous ne dormirez pas.

MADAME ÉMERY

Je vais vous en donner un moyen sûr, moi : amusez-vous seulement à détailler la toilette de madame de Cambrouze, vous en aurez pour toute la soirée.

MADAME DE SELMAR.

Elle est aujourd'hui comme je ne l'ai jamais vue.

MADAME EMERY

C'est la reine des fanfreluches.

MADAME DE SELMAR.

Venez donc , mon oncle.

M. DRAVEL.

Ah! ça, tu en es aux sermons, c'est fort bien; mais tu n'en es pas encore à la persécution, j'espère.

MADAME DE SELMAR.

Mon oncle , je vous laisse.

MADAME EMERY, bas ii madame de Selmar.

Est-ce qu'il deviendrait athée ^ par hasard?

MADAME DE SELMAR.

En vérité, je n'en sais rien.

( Elles entrent dans le salon. ^

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