SCÈNE IV
M. DRAVEL, MADEMOISELLE VERDIER.
M. DRAVEL.
Les singulières prétentions, et les drôles de docteurs !
MADEMOISELLE VERDIER
Pardon, monsieur; je croyais qpi'il n'y avait personne dans cette pièce.
M. DRAVEL.
Entrez, entrez, mademoiselle Verdier; j'ai toujours grand plaisir à vous voir. Ne sommes-nous pas d'anciennes connaissances ?
MADEMOISELLE VERDIER
Monsieur mp fait beaucoup d'honneur. Mais le feu de monsieur va-t-il , seulement ?
M. DRAVEL.
Il y en a assez comme cela. Vous n'allez donc pas entendre prêcher?
MADEMOISELLE VERDIER
Non, monsieur, quoique madame me Tait permis^ je ne m'en soucie pas.
M. DRAVEL.
Parce que?
MADEMOISELLE VERDIER
Parce que, d'abord, monsieur, ce n'est pas la place d'une femme de charge d'être dans un salon....
M. DRAVEL.
Une femme de charge qui a élevé sa maîtresse.
MADEMOJâELLE YEBUIER.
Et puis, je trouve qu'avant d'être prédicateur, oa devrait être charitable; et pas du tout. ,..
• M. DBàVKL.
Est-ce que le prédicateur nVst pas choritable?
HÂDEMDISËIXE VEHUIEB.
Métier, monsieur, métier; pas autre chose. Je savais qu^il devait faire une quête, et j'ai profité du temps qu'il était dans ma chambre à préparer son sermon, pour hii parler d'un petit Savoyard à qui on a volé hier tout ce qu'il possétlait. Oh bien! oui, il m'a joliment reçue.
M. DRATEL.
Qu'est-ce que c'est que ce petit Savoyaixl?
Bï A DEMOISELLE VERDIER,
Un enfant charmant, monsieur. Ça n'a pas quatorze ans, et ça travaille déjà, depuis dix-huit mois, comme un pauvre petit mercenaire* CVst rempli d'ordre; c'est la probité même.
Comment Ta-t-on volé?
MADEMOISELLE VERDlER.
Ça couche trois ou quatre dans une chambre; estce qu'on peut savoir? Cependant il n'accuse pas ses C:mia rades. C'est comme im fait exprès ; son petit