SCÈNE V
M. DRAVEL, MADEMOISELLE VERDIER, madame de SELMAR.
MADAME DE SELMAR.
Oh ! ma bonne , vous êtes là ; je n'en suis pas fâchée. Le sermon que nous allons avoir sera divisé en trois points; mais le prédicateur m'a permis de faire servir des rafraîchissemens dans chaque entr'acte.
M. DRAVEL.
Dans chaque entr'acte!
MADAME DE SELMAR.
Entre chaque point, entre deux points. Cela lui don* nera le temps de se reposer, et à l'auditoire aussi. Un sermon en trois points prononcé tout d'une haleine, c'est mortel pour tout le monde, vous savez bien?
74 LE SERmOM DE SOCIETE.
Il faut avoir pitié des gens qu'on a chez soi. Avec eela , je crois que ce petit jeune homme -là réussira; rien que sur sa mine , deux personnes me l'ont déjà demandé.
M. DRAYEL.
Aura-t-il la mesure de ce qui doit se dire dans un salon?
MADAME DE SELMAR.
Je vous en réponds. Il est stylé par un homme qui s'y entend. Si je vous le nommais , vous verriez qu'il n'y a rien à craindre. Cependant je lui ai parlé bien délicatement d'une petite malice que je voudrais faire; je n'ai nommé personne; mais je lui ai demandé une légère sortie contre le goût immodéré de la toilette, pour voir un peu la mine que fera madame de Cambrouze pendant ce temps-là.
M. DRAVEL.
Tu crois donc à l'efficacité des sermons ?
MADAME DE SELMAR.
Au fait, c'est comme la comédie^
On y reconnaît son voisin^ On ne veut pas s'y reconnaître.
( A mademoiselle Verdier.) Jc n'ai pas bcsoin dc VOUS rccommander d'être bien attentive, ma bonne. Aussitôt le premier point fini, vous ferez servir des glaces et des sirops.
( EUe rentre dans le salon. )