SCENE VI
M. DRAVEL.
Bien obligé, mademoiselle Verdier; en voilà assez. Je sais cela par cœur.
MADEMOISELLE VERDIER
Il n'y a pas de charité là-dedans ; au nom de quoi fera-t-il sa quête ?
Ne vous inquiétez pas ; quand le moment sera venu , il ne sera pas embarrassé.
MADEMOISELLE VERDIER
Que d'argent on donne comme cela ! Où ça va-t-il ? Avec ce que coûte une soirée pareille , on pourrait faire tant de bien !
M. DRAVEL.
Ce n'est pas là la question, mademoiselle Verdier. Il est fort heureux qu'il y ait des soirées ; car il y a des glaciers, des marchandes de modes, des pâtissiers, qui mourraient de faim sans cela, eux et tous les gens qui travaillent pour eux.
MADEMOISELLE VERDIER
Hélas! monsieur, vous avez grandement raison. Si ce n'était pas un sermon , s'il n'y avait pas une quête, il ne me viendrait pas de ces idées-là. Quand on donne des concerts, des bals, je n'y pense pas; mais dans une soirée de charité, il semble que tout devrait être pour les pauvres.
M. DRAVEL.
Je crois que le premier point est fini.
MADEMOISELLE VERDIER
Eh ! mon Dieu , c'est vrai. Vite les glaces.
( Elle sort.)