SCÈNE I. iW
LA COMTESSE
Ensuite j'ai continué ma route, et je 8uis arrivée uue heure peut-être après le départ de ce malheureux courrier.
L'ÉVÊQUE
Vous n'avez pas écrit aussitôt à la princesse?
LA COMTESSE
Je n'ai pas perdu un seul instant , au contraire.
L'ÉVÊQUE
A la bonne heure. On m'avait assuré que vous ne lui aviez pas écrit.
LA COMTESSE
Mais 9 à mon retour, j'ai trouvé ma lettre qu'elle m'avait renvoyée sans l'ouvrir.
L'ÉVÊQUE
C'est incroyable.
LA COMTESSE , soupirant.
C'est pourtant comme cela.
L'ÉVÊQUE , après un momeot de réflexion.
11 faut convenir d'une chose; une princesse est une princesse.
LA COMTESSE
Quel crime avais-je commis?
L'ÉVÊQUE
Ah ! ah ! voilà ce que c'est que de le prendre avec les princes sur le pied du dévouement absolu ; on n'en finit jamais. Je sais bien que c'est avaiKageu\
166 LA BIftGIlAGE.
SOUS un autre rapport; mais dame! aussi Tenez,
j'aime mon état à cause de cela. Un évêqne peut se tenir dans d'excellentes li^iites sans se faire le moindre tort. Il est censé que nous avons des devoirs, une conscience qui ne peut pas se plier à tout ; au lieu que vous autres
LA COMTESSE
Si ce sont là les consolations que vous veniez m'apporter
L'ÉVÊQUE
Permettez donc, permettez donc, ma chère comtesse; il faut bien que je commence comme nous commençons; que je vous remontre la faute que vous avez faite. Vous êtes trop attachée aux choses de ce monde.
LA COMTESSE
Monseigneur !
L'ÉVÉQUE, d'un ton de psaloMdie.
Tâchez d'acquérir cette force d'âme qui aide à supporter les misères de la vie. Votre foi n'est pas assez ardente. Toutes les passions s'éteignent avec l'âge, souvent même l'ambition. Que vous restera-t-il dans vos vieux jours, si vous n'avez jamais cultivé des idées sérieuses? Du vague, de la tristesse, un vide affreux, de vains souvenirs, et plus d'espoir. Continuez , ma fille.
LA COMTESSE
Que je continue quoi ?
L'ÉVÊQUE
Vous avez raison, vous avez raison. Je m'imagi-