SCENE I. i
Dais tout autre chose. Oui, ma fille, la foi! la foi! Avec la foi, les vraies consolations ne vous manqueront pas.
( Un moment de silence pendant lequel Tevêque parait prêt il s'endormir. ) LA COMTESSE.
Qu'avez- vous, monseigneur? Est-ce que vous souffrez?
L'ÉVÊQUE , revenant k lui.
Ce n'est pas positivement que je souffre, mais depuis quelque temps, je ne sais pas ce que j'ai; il me faut du mouvement. En arrivant chez vous , j'étais assez bien, parce que la voiture m'avait remué; aussitôt que je laisse travailler ma tête, je tombe dans un état indéfinissable : c'est comme un brouillard , de l'ennui , du vague.
Cela ressemble un peu à l'état dont vous me menaciez tout à l'heure ; et pourtant, monseigneur, on ne peut pas dire que vous soyez tout-à-fait sans ambition.
L'ÉVÊQUE
A quoi cela me sert-il ? On ne veut rien faire pour moi. Il est certain que je n'ai jamais eu une vie épiscopale.
LA COMTESSE
Il faut laisser dire cela à vos ennemis.
L'ÉVÉQIJE.
Si mes ennemis disent cela, ils disent la vérité. Qu'est-ce que c'est donc que quinze mille florins par
an ? C'est tout ce que je puis faire que de conserver quatre chevaux; je nie passe de maître d'hôtel, et je n'ai pas la moitié de la livrée que je devrais avoir. Vous deviez parler à la princesse.
LA COMTESSE
C'est la dernière conversation que nous avons eue ensemble.
L'EVÉQUE, arM une grande aaxiëtë.
Elle refuse, j'en suis sûr.
Elle trouve le petit prince Ferdinand bien jeune encore pour passer dans les mains d'un gouverneur.
L'ÉVÊQUE
Bien jeune ! Songez donc que le mois prochain je vais entrer dans ma soixante-deuxième année.
LOUISE, annonçant.
Madame la baronne de GreenschlofF.
(Elle sort.) LA BAHONNE, entrant.
Ah^ ah! le bon évêque ici! Eh bien! ma bru, je ne m'étais pas trompée dans ce que je vous disais ce matin.
LA COMTESSE
Hélas ! serait-il possible !
LA BARONNE
On parle plus que jamais de la petite Amélie de Walter pour vous succéder.