SCENE II
dinaire. Grand - maréchal , donnez donc un bal ce soir à madame de Walter, afin que je puisse la voir tout à mon aise.
LE GRAND-MAKÉCHAL.
Ah! mon prince, dans toute autre circonstance l'ordre que je reçois de Votre Altesse me comblerait et d'orgueil et de joie ; mais daignez réfléchir que si madame de Walter est destinée à remplacer auprès de la margrave une personne....
LE MARGRAVE
Je sais bien, une personne que vous avez fait disgracier ; mais aussi pourquoi lui donniez-vous une fête ?
LE GRAND-MARÉCHAL
Mon prince, permettez-moi de faire observer à Votre Altesse qu'elle a été mal informée. Je n'ai pas donné de fête à madame de Rosemberg.
LE MARGRAVE
Comment, il faudrait donc supposer que Ton nous aurait fait de faux rapports! Qui l'oserait? (Arë?êque.) Monsieur de Neubrunn , ne m'avez-vous pas dit que vous aviez vu madame de Rosemberg ce matin, et qu'elle vous avait parlé d'une fête ?
L'ÉVÊQUE
Ce que j'ai pu affirmer à Votre Altesse, c'est que j'avais trouvé à cette respectable dame toute la résignation que l'on devait attendre d'une piété aussi vive que la sienne.
LE MARGRAVE
De la résignation, de la piété; c'est à merveille; je
iM lA DISGRACE.
lui en sais bon gré; cela lève bien des difficultés: Grand-maréchal 9 vous ne devez plus vous foire de scrupule, et je compte sur votre bal pour ce soir.
LE GRAND-MARÉCHAL
Votre Altesse sera obéie.
( Il fait Que profonde reT^ranco ai <'e« v«. ) LE MARGRAVE.
Il semblerait qu'il est plus attaché à madame de Rosemberg qu'à moi-miéme. Je voudrais bien savoir si Frédéric de Prusse souffre que des considérations particulières nuisent à son service. On est trop heureux que je ne demande que des bals; quand je serai dévot.,. Mais nous n'en sommes pas encore là. Allez, comte de Burcshal, dites à ma jeune noblesse que je veux désormais qu'elle soit légère, spirituelle et galante ; le bal de ce soir doit faire époque.
LE COMTE , à part.
Voilà les idées de morale en baisse ; je n'ai plus rien à craindre pour ma contrebandière.
(Hscrt. ) LE MARGRAVE , k l'^yêque.
Et VOUS, mon cher prélat, puisque , madame de Walter se trouve être votre alliée, présentez-lui mes hommages. Vous comprenez? Adieu. (L'ëyêque son. ) Vous ouvrez de grands yeux, président, vous êtes étonné de me voir aussi résolu. Je veux m'amuser. Je ne suis pas politique , je ne suis pas guerrier, je ne suis pas ambitieux, il faut pourtant bien faire quelque chose; je suis trop jeune pour vivre comme je vis. Un Caton