SCÈNE XV. soit
LA MÈRE BORDIER
Si VOUS saviez les promesses qu’il nous avait faites à mon fils et à moi.
DAME MARGUERITE
Comme de vous faire avoir le bail de notre ferme peut-être ?
LA MÈRE BORDIER
D’où savez-vous ça?
DAME MARGUERITE
C’est lui-méme qui me l’a dit, en me demandant de l’argent, si je voulais le conserver.
IA MÈRE BORDIER
Comme il nous en demandait pour nous le faire avoir.
M. MERCIER
Il jouait à coup sûr. Et lui en avez-vous donné?
DAME MARGUERITE
Pas itloi , du moins.
LA MÈRE BORDIER
Ni nous non plus. Oh! ben oui, à d’autres? Nous nous sommes beri moqués de lui, au contraire. Aussi dit-il à présent que mon fils ne peut pas rester gardechampêtre, parce qu’il a servi dans les mauvais temps où la France était si grande qu’elle en était démoralisée.
MORISSET
A-t-elle bonne mémoire, cette mère Bordier, de retenir des mots aussi baroques?
LE RETOrn DU BARON.
DAME MARGUERITE
Parce qu’elle dit démoralisée? Je sais ça aussi, moi. Madame Boivin me l’a répété plus de vingt fois. Tout ce qui n’est pas resté , comme elle, les bras croisés pendant trente ans, est démoralisé.
MORISSET
Nous sommes tous démoralisés.
Sans doute.
MORIS.SET
Ah! ben, ça me console.
LE MAITRE D’ÉCOLE
C’est ennuyeux pas moins; car voilà de ces choses qu’on ne peut pas apprendre à des enfans ; ils n’ont qu’à dire aussi qu’ils se croisent les bras en attendant mieux, qu’est-ce qu’on pourra leur répondre?... (Duo ton de drpiL) Il n’y a donc plus de maire dans le village ? Il n’y a donc plus rien? Pourquoi laisse-t-on un drôle comme le pèlerin menacer tout le monde?
LA MÈRE BORDIER
Qui est-ce qui l’en empêcherait? Monsieur le maire? On assure qu’il est déjà de connivence avec lui. ..
, MARIE
Mon Dieu! ma mère, rassurez-raoi, car tout ça me fait trembler.
DAME MARGUERITE
Mon enfant, on a beau faire , je ne peux pas croire