‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 163 sur 254 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LA MARQUISE, l Alfrad.

C’est détestable.

LE COMMANDEUR

Madame de Monbel désire-t-elle beaucoup voir les soupers reprendre faveur?

MADAME DE MONBEL.

Avant de désirer il faut connaître.

LE COMMANDEUR

C’est priaient ; car j’ai peine à ci-oire qu’on réalise jamais nos soupers d’autrefois. Même dans la plus haute société, je vois une disposition à tomber dans la raideur bourgeoise : on néglige tout-à-fait cette aimable aisance qui faisait le charme de nos réunions.

LA BARONNE

Il faut espérer qu’on y reviemlra.

ALFRED

.Sans doute, quand on n’aura plus que cela à faire.

LE COMMANDEUR

Les traditions se perdent pendant ce temps-là. J’ignore ce que font nos belles dames; pas un attachement, pas une liaison. Que diable! on ne peut pas croire que le cœur ne dit plus rien. Cela me fait de la peine. Les Français étaient essentiellement galans, et je ne devine pas ce qu’ils sont à présent.

(En voyant nro la marquise , Eugene cl Alfred. ) VoUS ricZ. \ a-t-il

quelque chose que mou âge m’empêche de savoir? Les arraugemens, quoique plus secrets, vont-Us tou-

LE SOUPER

jours leur train? A la bonne heure; mais je vous avouerai que je n’ai jamais aimé le mystère : c’est mesquin; cela ressemble à de l’hypocrisie.

LA BARONNE

Mais, commandeur, vous feriez croire que de notre temps

LE COMMANDEUR

Notre temps n’est pas connu du tout ; il a été calomnié à plaisir, et tous les jours on en prend une idée plus fausse. Je connais cent jeunes gens qui s’imaginent que nous étions les pins grands vauriens, du inonde, que nous n’avions aucuns principes; et, au contraire, il n’y a peut-être pas , dans notre histoire, une- époque plus fertile en actes de générosité et de dévouement.

LA BARONNE

Sans aller chercher si loin, vous en seriez un bel exemple.

LA MARQUISE

Vraiment, commandeur?

Je ne parle pas de moi.

LA BARO.NNE

Mais moi j’en parle. ( a u ourquiR-. ) Demandez - lui . mon cœur , comment il est entré dans l'ordre de Malte. C’est une abnégation inouïe. Vous savez qu’on est obligé de prononcer des vœux? Eh bien!....

LE COMMANDEUR , DcgUgemmenl.

Eh bien ! je le.s ai prononcés pour satisfaire une pc-

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