‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 164 sur 254 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

tite femme charmante que je ne jxmvais pas épouser, et qui ne voulait pas que je pusse en épouser une autre.

LA BABONÎiK.

C’est sublime, surtout quand on sait que le commandeur était un cadet de famille, sans fortune, n’ayant que l’espoir de porter son nom dans quelque alliance avantageuse , ressource à laquelle il lui fallait renoncer.... Aussi cela lui fit-il le plus grand honneur.

LE.COMMANDEl K.

£t, par contre-coup , me valut une protection trèsbrillante, sur laquelle j’étais loin de compter, et qui me fit faire le chemin le plus rapide sans que j’aie jamais rien sollicité.

LA BAROKNE.

Je ne crois pas qu’on aurait le même succès aujourd’hui.

LE COHHAKDEVR.

Parce que tout est rétréci , tout est calcul ; que le vent est à la pédanterie; que la jeunesse craint de se livrer à ses raouvemens naturels. On voit jusqu’à des marquises qui se feraient un scrupule d’avouer la plus

légère préférence (l» manjuiM le regarde d'an eir d’im|>alitnc«. )

Je me tais; mais il ne faut pas alors penser à donner des soupers.

LA BARONNE

Commandeur, vous avez un défaut : vous parlez d’une manière trop absolue. 11 semblerait qu’une maîtresse de maison doit être faite exprès pour donner à souper.

LE SOUPER

LK COMMANÜKUH.

Mais, raaiiaine la baronne, je ne me trompe pas de beaucoup. Vous conviendrez avec moi qu’il faut d’abord qu’elle connaisse tous les petits secrets des personnes qu’elle invite.

LA MABQCISE. ■

Mais quand il n’y a pas de petits secrets?

Alors il n’y a pas de soupers. Si ce n’est pas quelque chosede particulier; si ce n’est pas une réunion arrangée de gens qui .se conviennent; si vous n’invitez pas une femme sans son mari; si vous n’invitez pas un mari sans sa femme, ce ne sera qu’une manière de prolonger plus long-temps l’ennui qu’on aura eu dans la journée. Il faut de la gaieté ; il faut des anecdotes piquantes qui ne fassent faire la grimace à personne. Nous avions la chronique de la ville, de la cour, un peu celle de l’Opéra par conséquent. Ou a beau se cacher davantage, je suis bien sûr que quelqu’un qui se donnerait de la peine en découvrirait tout autant. Par malheur, nous n’avons plus ces petits abbés , qui étaient de véritables furets; c’est une grande perte. Mais, à la quantité qu’on en fait, il est impossible «ju’il ne nous en revienne pas. Ceux qui auront de l’esprit voudront s’en servir dans le monde.... C’était une si dnMe d’invention.

LA RARONSE.

Je n’ai jamais pu les souffrir.

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