‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 223 sur 254 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

manque-t-o,n,? Rendez cet ouvrage à i’aiUeur, et dites-lui que j’en défends la représentation. Monsieur Faustin est un indépendant; il ne fait de la comédie que dans un esprit d’opposition ; il ne s’est jamais prêté à composer la moindre pièce de circonstance ; il n’aura mon approbation pour rien.

M. nENARD.

Cependant je ferai observer à monsieur le préfet...

M. DE HHÉCOrnT.

' Monsieur Renard, je n’aime pas les observations. Je représente le gouvernement ici ; je suis le gouvernement; j’ai sa pensée, et je ne dois prendre de direction que de moi. Que sous dés préfets indolehs, sans caractère, ennemis du travail et de l’applicacation , vous ayez pris l’babitude de faire prévaloir votre sentiment dans les affaires de l’administration, à L» bonne heure; mais depuis que nous sommes ensemble , vous auriez dû vous apercevoir que je ne .suis pas aussi facile à influencer.

M. RENARD

Monsieur, daignez m’entendre. Il est possible que d’un instant à l’autre vous nous soyez retiré

M. DE RRÉCOt RT.

Quoi!

.M. REIjARD.

Pour occuper un poste plus éminent et plus digne de votre rare capacité. Quand je chercherais à adoucir un peu vos rigueui-s envers mes concitoyens, pour

LA DESTITUTION

ne pas être en butte à leur inécontenteinent aprè» votre départ, dites, ne ferais-je pas l’action d’un homme prudent et sage? Les subalternes ne pensent pas assez .souvent à cela. Monsieur le préfet, qui parle avec tant de courage aux ministres , comme il a eu la bonté de me le dire si souvent, ne doit pas se fâcher si, à mon tour...

M. de BRÉCOURT-

Vous changez la question, monsieur Renard; il li’y a aucune parité dans votre comparaison. Un préfet peut devenir ministre, et vous, monsieur Renard...

M. REXÂRD, faÏMDt l’i^eable.

, Je ne serai jamais préfet, c’est à peu près sûr.

M. DE BRÉCOURT

Vous voyez bien. D’ailleurs -ce monsieur Faustin me déplaît; on ne peut le saisir d’aucun côté. Il ne veut pas de places; il ne veut pas de distinctions; il ne veut rien ; il se contente de ce qu’il a. Ces genslà ne sont jamais sûrs.

M. RENARD

Si monsieur le préfet avait seulement voulu parcourir le manuscrit que je lui présente , j’aurais eu du moins quelque chose à répondre.

M. DE BRÉCOURT

Répondez que, quand l’administration empêche, on ne doit pas lui en demander davantage.

M. RENARD

Cela suffit, monsieur le préfet.

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