SCENE XV
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parlement, des bustes, des papiers, des cartons, des livres. Ceci n’est qu’une chambre comme tout le monde peut l’avoir.
PICOT
Ah! ciel, si jamais je voyais un pareil changement, je ne demanderais plus qu’un logement dans l’hôtel, comme on me l’a promis tant de fois.
M. DE GROSSE-BORSK.
Vous n’aurez qu’à me le rappeler en temps utile... ( Craignant d'avoir fait uDc iiidiscr.iiun. ) J’eii parlerai à moiisieiir
de Brécourt (Picot iourit d'un air tPintclligcnce ; puii , aprèk avoir mis en
unlre quelques meubla, il salue trës>profoiideiDeot monsieur de> Gross^Bome , et *e relire. ) »
■ SCÈNE XV. . • i.
M DE GROSSE-BOENE , ensuite M. DE BRÉCOURT.
M. DF, GROS.SE-BORNE
Pour cet hommc-là , je suis au.ssi habile que tous les préfets qu’il a servis. Ce n’esl pas plus difficile que cela. Si j’avais seulement une teinture d’adtni-. nistration
M. DE BRÉCOCRT , arer une gaietii dé commande. ' *
Eh ! bonjour monsieur de la Grosse-Borne.
M. DE GRO.S.SE-BORNÉ
Delà Grosse-Borne! Vous m’appelez comme les gens qui m’en veulent. .Mon nom est de Grospe- Borne. ^ . . .
LA DESTITUTION
M. DE BKÉCOURT.
Est*ce qu’il y a des gens qui vous en veulent ?
M. DE GROSSE-BORNE
Dans ce temps-ci, tout ce qui est supériorité, (iint.) Eh! eh! eh!.... Je voulais avoir l’honneur de vous voir, monsieur le préfet, pour vous prier de vouloir bien me rendre un service.
M. DE BRÉCOURT
Moi!
M. DE GROSSE-BORNE
Oui, oui, vous-méme, monsieur le préfet.
' M. DE BRÉCOURT
Je suis curieux d’apprendre ce que je puis faire pour vous.
M. DE GROSSE-BORNË , apr^s s'èire recueilli un insUat.
Voici l’affaire. (En riant, et pourtant avec emljarrar. ) Uu de ITi CS
amis que vous ne connaissez pas du tout, qui n’a jamais mis le pied dans cette ville, et qui est au moment d’obtenir une préfecture dans un département fort éloigné, m’a chargé de prendre des renseignemens pour savoir quelle est la première chose que fait un préfet quand il est sûr de sa nomination.
M. DE BRÉCOURT
C’est de se croire un personnage fort important.
M. DS GROSSE-BORNE
La plaisanterie n’est pas mauvaise Mais, à parler
sérieusement, quand c’est un homme raisonnable?
8CENR
M, DE BRÉCOtJRT, le regardant 6xemeat.
Quand c’est un homme raisonnable, monsieur de Grosse-Borne, il fait tout ce que- faisait son prédécêsseur , en répétant sans cesse que celui-ci n’entendait rien aux affaires. N’oubliant jamais qu’il a été élevé par la faveur, par une condescendance blâmable, il n’a d’autre soin que d’entretenir l’aveuglement de ses protecteurs. Toute sa vie publique ne sera qu’un sacrifice, non seulement au pouvoir, mais à toutes les coteries triomphantes, même à celles qui lui inspireront le plus de dégoût.
M. DE GROSSE-BORNE
J’entends bien ; mais c'est de la haute admini.stration cela.
M. DE BRÉCOURT, à part.
Le sot !
M. DE CROSSE-BORNE
A présent, oserais-je vous prier de me donner, toujours pour mon ami, quelques lumières sur les choses plus usuelles, sur le» détails courans ?
M. DE BRÉCOURT
On va au jour le jour.
M. DE GROSSE-BORNE
J’aime assez cela , parce que c’est à .la portée de tout le monde. Mais qu’est-ce qu’on appelle les cas imprévus?
H. DE BRÉCOURT
Ce sont des places que l’on vous demande , ce qui
LA DESTITUTION
VOUS oblige à tenir toujours quelques destitutions en réserve ; ou bien encore des fonds que l’on détourne de leur destination pour en faire l’emploi aux volontés du parti qui domine.
M. DE GROS.SE-BORNE
Eh bien ! mais ce n’est pas très-malin.
M. DE BRÉCOURT
Pas le moins dir monde.
M. DE GROSSE-BORNE
il ne s’agit que de faire ce qu’on veut, et surtout ce que veulent les gens dont on a peur.
M. DE BRÉCOURT, en riant.
Absolument. (Ap.ri.) Il n’y a pas d’humeur qui puisse tenir contre un ridicule aussi complet.
M. DE GROSSE-BORNE
Cependant, comme je n’ai pas beaucoup de mémoire, est-ce que vous auriez la bonté de m’écrire tout cela?
M. DE BRECOURT, éclatant de rire.
Ah ! par ma foi, tout ce que vous voudrez, monsieur de Grosse-Borne ; il est impossible de vous rien refuser.
M. DE GROSSE-BORNE
Vous me le remettrez à dîner chez le marquis.
M.' DE BRÉCOURT
C’est convenu. Votre serviteur.
Digillzfld by Googit
• SCÈNE XVI
M. DE GRO.S.SE-BORNE, ii pari rn l'rnalUnl.
Il y a conscience à tromper un aussi brave homme; mais je le devais.
(Il »orl.)