‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 248 sur 254 · IV · texte numérisé non relu

IV

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LE PÈRE lOSEPil.

monde ; mettes la guerre partout ; animez notre courage ; votre voix alors aura toute son autorité , nous reconnaîtrons en vous des ministres dignes de nos respects , et nous vous céderons le pas partout où vous voudrez.

LE PÈRE JOSEPH

Ingrat ! vous demandez la guerre ! N’est-ce pas nous qui vous avons déjà procuré celle d’£spagne ?

• LE eOMTB.

Elle vous a bien profité. Vous devriez la maudire. En nous mettant sous les yeux le dernier résultat de votre système, elle nous en a dégoûtés pour jamais.

LE PÈRE JOSEPH

Notre conversation a pris un essor si élevé, que je ne vois plus de transition possible pour vous parler de l’objet de ma visite.

LE COMTE f 8T«c doocet^r.

Vous aviez quelque chose à me dire ? .

' LE PÈRE JOSEPH

De la part de madame votre mère.

LE COMTE

Ma mère ne s’est jamais servie d’interprète avec moi.

LE PÈRE JOSEPH , •Socuat l’ur

C’est une. chose d’une si grande importance. Un

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DIALtfGlIE III.

chapelain que veut pi^ndre madame la marquise, votre grand’raère.

LE COMTE

Je n’ai rien à voir à çela; c’est une affaire ^e conscience. Je suis surpris que ma mère ait cru devoir me faire consulter là-dessus.

LE PÈRE JOSEPH. '

C’est absolument la réponse que je lui ai faite, mais elle a' persisté, et je n’ai pas cru devoir la contrarier.

LE COMTE

Tàehez de choisir un honune raisonnable; car, sans douté, c’est vous qui le donnerez. Ma grand’mère est susceptible de toutes les impressions, et ce serait un crime affreux que de s’amuser à la tourmenter.

LE PÈRE JOSEPH

Ah ! juste ciel ! la pauvre chère dame !

LE COMTE

Elle vons aime beaucoup ; la bienveillance d’une personne aussi respectable doit vous toucher. • •

LE PÈRE JOSEPH , d'ua ton patelin.

Vous me rendez donc justice une fois. Quand me la rendrez-vous tout entière? Dites, puis-je espérer qu’un jour vous parlerez avec plus de réserve d’un ordre auquel j’appartiens ? Vous ne nous connaissez pas, monsieur Alfred; il est clair qu’à vos yeux nous sommes des ambitieux, des brouillons, des

4K2 LE P£]RE lOSEPB.

jongleurs'; et nous sommes pourtant dans le vrai, et nous seuls y sommes.

LE COMTE.'

Si vous' êtes dans le vrai, pourquoi cherchezvous à accréditer ce qui est faux? Pourquoi est-on révolté à chaque instant du mépris que vous montrez pour le bon sens? Que voulez-vous recommencer? Jusqu’où voulez-yous nous faire reculer?

LE PÈRE légèrement. .

Prenez donc garde que nous sommes des marchands qui doivent être assortis pour tous les gmits. Ce qui vous révolte en attire d’autres; et nous préparons insensiblement, de cette manière^' une soumission dont vos familles doivent recueillir le fruit. Il n’y a plus guère que vous qui vous Refusiez à cette évidence.

, LECOMTE.'

Je ne vois pas l’intérét que vous avez à cela.

LE PÈRE JO.SF.1‘11

C’est une préoccupation d’esprit qui a suivi cette direction, qui, ne peut plus s’eu écarter, qui nous ferait marcher au martyre , s’il le fallait. Expliquez les hommes. Nous n’avons, pas ‘d’enfans. Quelle serait notre ambition? la suprématie d’un souverain étranger, d’un souverain électif? Il ne faut pas lire de mauvais livres faits par des misérables qui craignent de voir l’établissement d’un ordre de choses durable.

DlALOGl'E III.

LH COMTH.

Tous coux'qui écrivent contre vous ne sojit pas lies misérables. - ‘

• LE PÈRE JOSEPH

Je siûs ce que vous voulez dire; mais alors il y autre chose.

LE COMTE

J’avoue qu’on est fort embarrassé.

LE PÈRÇ 'JOSEPH.

Vous m’aviez promis de me faire trouver avec deux jeunes conseillers.de la cour.

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