‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 250 sur 254 · FIN DÜ TROISIÈME DIALOGUE · texte numérisé non relu

FIN DÜ TROISIÈME DIALOGUE

BtALOGUE IV.

DIALOGUE IV

LE PÈRE JOSEPH «t PAUL, «d f,ir..

PAUL

Ah ! Cincinnatus.

LE PÈRE JOSEPB.

Ah ! pauvre benêt. • , . .

• PAUL

Te voilà donc tout-k-fait apostat?

LE PÈRE JOSEPH

Apostat ! bon. Je prends acte de ce mot-là. Il est obligé d’aller chercher l’épithète qu’il me donne dans lin langage qu’il réprouve. Il n’oserait pas dire : O Te voilà donc tout-à-fait corrompu », parce qu’il sait bien que je lui rirais au nez. Ni lui ni moi , dans aucuQ temps, ne nous sommes vantés de viser à la perfection des imbéciles. Ta liberté, la mienne, cette demoiselle qu’on affublait d’un bonhet rouge, ne nous a jamais paru qu’une bêtise à tous les deux, . . '

PAUL

C’était au moins une idée morale que nous avions voulu rendre sensible pour le gros des gens qui ne croient rien s’ils ne voient; oui, je le répète, c’était une idée morale qui avait des conséquences inBnies.

LE PERE JOSEPH

4sn

LE PÈRE JOSEPH

Et que nous exploitions à notre profit pour dominer au nom de quelque chose.

PAUL

Au nom de quoi dominez-vous aujourd’hui?

• LE PÈRE JOSEPH

Tu me le demandes ! Âu nom de tout. Les siècles n’ont tcavaillé que pour nous. Ce qu’ils ont inventé d’absurdités, de bons sentimens, de contes populaires, de vertus même, nous nous en emparons, nous l’adoptons , nous ne rejetons rien ; seulement nous en réclamons le monopole pour le diriger selon que nous aviserons bon être.

PAUL

Eaisions-nous.autre chose?

LE PÈRE JOSEPH

Oui, nous faisions autre chose. Notre métaphysique était trop abstraite pour . le peuple, qui connaît bien mieux les confréries que l’histoire grecque et romaine. Nos Brutus, nos Lycurgue étaient loin de le charmer comme les saints dont ils portent les noms. Nous étions obligés de créer au lieu de prendre du tout fait.

PAUL

Mais les Etats-Unis, qui n’avaient rien de tout fait, ont pourtant réalisé les rêves que nous formions. -

LE PÈRE JOSP.PH

Positivement, parre. qu’ils n’avaient rkm de tout

BlALOOliE IV. .

fait. D’ailleurs, soyons de bon compte , était'Ce bien un gouvernement comme, le leur qui nous aurait tentés? Aurions-nous voulu un président?

PAUL

Oui.

LE PÈRE JOSEPH

Non. Nous aurious encore appelé cela de la suprématie.

PAUL. '

Pas moi.

LE PÈRE JOSEPH

Ni moi non plus, au temps du considat, quand nous nous apercevions que tout nous échappait. Alors, je crois bien que noiis eussions préféré un président à un dictateur. Mais je parle à l’époque de notre triomphe; quand nous étions tout, que nous gouvernions enfin , aurions-nous cédé notre pouvoir à qui que ce fût?

PAUL

Je t’admire. Ne dirait-on pas qu’au nouveau parti que tu as pris te voilà le seul maître du monde ?

LE PERE JOSEPH

Me voici absolument comme nous étions, toi et moi , quand nous ne désirions rien au-delà. Je suis affilié à une corporatioiv puissante à qui tout obéit, et dont chaque membre représente à lui seul l’autorité de la société entière. Nous parcourons la France en vainqueurs, portant le trouble

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