‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 53 sur 254 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

. ' LA comtesse; le COMTE..

• JL£ COMTE , h la cuoitesae <]ul oe l'a pai «u «utr«r.

Quoi donc, Elvire, toujours rêveuse?

EA COMTESSE, ave< un Icger fnuuvernetil dr tui^riie.

Je ne rêve pas, monsieur ; je réfléchis.

lÆ COMTE.

Imitez-moi-: je ne réfléchis jamais et j’agis sans ’ cesse; c’est- le moyen de ne pas se creuser la tête. Que pouvez-vous désirer ? Qu’est-ce qui vous tourmente? Ce n’est pas moi, assurément. Vous êtes titrée , vous avez dans ma mère une société fort ^gréable ; deux femmes s’entendent toujours si bien! Vous êtes trop sage, trop raisonnable pour penser qu’à mon âge, occupé comme je^ suis d’affaires d’État , écrivant depuis le matin jMqu’au soir^des plans d'administration intérieure et de politique étrangère, je puisse soupirer à vos pieds comme un berger d’idylle. Je ne vois pas, après • cela, de quoi vous pourriez vous plaindre.

LA COMTESSE

Pour qui écrivez-vous ces plans? A qui les adresse-

LE BRIGAN9.

rez-vous ? N’ètes-vous jias exilé par ceux q.ui t»* le

pouvoir dans ce iiiomeiit-ci ? 7'

LK COMTE

Dans ce raoraent-ci; mais l’auront-ils long-temps? Qpand je n’écrirais d’ailleurs que pour ne pas penser, et me tenir en éveil! On se tuerait à être continuellement à cheval ou à la chasse; et comme j’ai une' faculté fort heureuse, qui fait que je ne puis pas être

désœuvré une minute sans m’endormir, jjscris. -

LA COMTESSE.. ’

, -, . sr ' i *

Si vous écriviez du moins pour vous plaindre de l’injustice dont nous sommes les victimes.

LE COMTE

Je ne me plains jamais d’une injustice tant qu’elle dure; c’est le moyen de l’aggraver. Fiez-vous à iiion jugement pour ces sortes de chose.s-là. • . *

LA COMTESSE

Vous avez sans doute plus d’expérience que moi; aussi ne puis-je comprendre par quel motif vous ne vous êtes jamais décidé à entrer dans tous les partis que A'-’ez embrassés, qu’au moment de leur

chute, et pour être pro.scrit avec eux.

■ LE COMTE

C’est par prudence, et pour leur donner le temps de s'affermir; c’est positivement le temps qu’ils prennent pour tomber; ce n'est pas ma faute. Au surplus, je me .suis corrigé; et , pour ne plus être dupe comme je l'ai été jusqu’ici , c’est aux événeinens futurs que

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