SCÈNE IV
MADAME D.VLINVAL, M. FROGER, madame FROGER.
MADAME FnOGER.
Bonsoir, 'madame. Quel est donc ce monsieur qui vient de sortir?
MADAME DALINVAL.
C’est un voisin de terre qui m’est fort commode quand je suis en Bourgogne.
SfîEXE III.
MADAME FROCER.
Ah ! ne me parlez pas des voi-siiis de terre à Paris. , gens-là ne sont bons que sur place.
Que sur place !
M. FROGEB.
MADAME FROGER
ün ne sait qu’en faire, on ne .sait que leur dire, on ne sait avec qui les mettre. Qiiaïul, par hasard, il m’en vient quelques uns de Champagne, mes domestiques ont le mot; je n’y suis jamais.
Jamais.
M. FROGEB.
MADAME FROGER
'Les femmes encore, passe; mais les maris sont si . maussades , si despotes...
‘ yr •
MADAME UALI^VAL.
Jene trouve pas cela. *
MADAME FROGER
Il y a peut-être une exception pour la Bourgogne; mais, en général, et surtout en Champagne, ce sont de vrais tyrans domestiques, se mêlant de tout, cboisissiint eux-mêmes leur société, fai.sant les invi-, tâtions, arrêtant leurs domestiques, les chassant, tenant toujours chez eux le dé de la*conversation, ee qui est insupportahle, ce qui eh exclut toute grâce et toute variété... Demandez à monsieur Fro-
M. FROGER, levant les yeux ati ciel* ' * r
Ah! , * " ^
. LA SOCIÉTÉ INTIliE.
MADAME FROGER » a?ec irooM. "
Mon premier mari avait eu le bon goût, de prendre ces manieres-là. (Moiuieur Froger rit.) Cela tenterait aussiquelquefois monsieur Kroger, quoiqu’il ne veuille pas en convenir.
M. FROGER, r
Oh! par exemple! , j
MADAME FROGER. j
Ne dites rien; vous savez que je prévois tout.
M. FROGER
c’est vrai, tout. ^ . t, ' ,
MADAME DALINVAL, !i pwl.
«■ Quel bon mari ! ‘ ^
MADAME FROGER, ii son mari.
Je ne veux pas que vous vous donniez de ridicules. . I
MADAME DALINVAL, il put, eo ioupinnt. ' - . |
Est-elle heureuse! ■' ' j
M. FROGER , k nudune Dalinval. t
Madame, croyez-vous que ce monsieur de l’autre 'jour viendra ce soir pour me donner ma revanche au piquet? ^ '
MADAME FROGER
Nous ne pouvons pa^ rester; j’ai encore trois i visites à faire. . • ♦
MADAME DALINVAL.
Comment? vous ne passez pas la soirée avec moi?
• • ' • ;• SCÈNE ÏV. , 121)
' , . M FROGEB.
■ Oà allons-nous donc?
MADAME FKOGER. «
Vous le verrez.
MADAME DAUNVAL.
.* Je voulais vous lire une lettre de madame de Cer- ./ ‘ bonne.
MADAME FROGER
Elle vous a écrit ?
MADAME DALtîiVAL.
■ ■ On peut dire cela devant monsieur Kroger; à vingt ans, elle est déjà parfaite. Monsieur de Gcrboniie,
' que nous avons connu si impérieux, qui nous faisait .. . • trembler pour une jeune femme... eh bien, il paraît
quelle en a fait un esclave des plus soumis.
M. FROGER
Voyez la petite espiègle.
,/ MADAME FROGEB.
. J’ai toujours eu bonne opinion de Célestine.
i MADAME DAUNVÂL.
Je vais cliercher sa lettre; ce ne sera pas bien ‘long. ..
* • (Elle sort.) «
D^ilized by GoogI
„ LA SOCIETE INTIME