XXXIII. Crabe, | Chèvre
Es crabe ? | Es-tu chèvre ? |
Si souy crabe? | Si je suis chèvre? |
0, I Oui, I
Que souy crabe. | Je suis chèvre. |
Has corns? | As-tu des cornes? |
Si èy corns ? | Si j'ai des cornes ? |
0, I Oui, I
Qu'èy corns. | J'ai des cornes. |
Quoant n'has? | Combien en as-tu ? |
Quoant n'èy ? | Combien j'en ai ? |
Si countes plaa, | Si tu comptes bien, |
Tretze que n'èy. | Treize j'en ai. |
Il y a, en effet, treize lignes tracées sur la cendre; on les fait remarquer à l'enfant, qui, au sujet d'une chèvre, ne pouvait songer qu'à deux cornes.
Aurost
Dans les vallées du Béarn, et particulièrement dans celle d'Aspe, une vieille femme accompagne les convois funèbres en chantant des rimes de sa façon. Ces improvisations, qui s'appellent des aurostz 'les nœniœ des Romains), sont ici, le plus souvent, un mélange d'éloges et de critiques, d'élégie et de satire, un « désordre » qui n'est point « l'effet de l'art », comme on peut le voir dans Y aurost de Marie Blanque (la Blanche), publié par MM. Rivarès et Vignanoour*. En voici un, inédit, qui a plus de retenue dans l'expression :
Ayé ! may !
B'èy gran cliagrii !
Noiïbeylas poyros Ji?a cainii, Ni las pèyres de la carrure ; Tout que-m hù grand oumprère.
Ayé I may !
Moussu Curé, b'ètz bous hurous :
Quoand bous cantatz, nous qu'èm en plous !
Ayé ! may !
Si habetz besounh de nade gouyete,
Que p'embierèy Gatherinete ; Si n'habetz prou de Catherinete, You p'embierèy Cecilou, Ta tiene lou candelou, Ta 'ntra a la glori deu Senhou.
Ayé î may !
Aïe ! mère! — J'ai bien grand chagrin ! — Je ne vois pas les pierres du chemin, — Ni les pierres de la rue ; — Tout me fait grande ombre... — Aïe ! mère, — Monsieur le Curé, vous êtes bien heureux : — Quand vous chantez, nous sommes en pleursl
— Aïe I mère ! — Si vous avez besoin de quelque petite servante, — Je vous enverrai la petite Catherine, -— Et, si vous n'avez assez de Catherinette, — Je vous enverrai Cécilon, -— Qui tiendra le cierge, — Pour entrer dans la gloire du Seigneur.
— Aïe* ! mère !
* Chansons et airs populaires du Béarn, 2»6dit. (Pau, Veronese, 1868.)
— Cansous béarnaises, 3» édit (Vjgnaacour, 1866.)
Contes
MM. Montel et Lambert, à qui la Revue des langues romanes doit tant de curieuses communications, nous ont fait connaître deux Cacaraca (R, IV, p. 120 et 57C), V. de M.Roque- Ferrier, de Montpellier, et de M. Grleizes, d'Arles. Cette espèce de conte était, aussi, populaire dans le Béarn*»
CACARACA !