I. Aste et Beou
Que-s mariden a lou.
Littéralement : Aste et Béon — Se marient chez eux. — «On remarque qu'il est certaines communes, par exemple celles d'Aste et de Béon (arr. d*01oron), voisines Tune de Tautre, dont les habitants s'allient presque toujours ensemble. » D' Angosse, Notices sur la vallée (TOssau.
Aussi honnêtes qu'avisés, ces gens ne veulent ni tromper, ni être trompés, comme dit le prov. fr. du XVP siècle : « Qui loing se va marier — Sera trompé ou veut tromper ; ce qui est ainsi traduit en béarnais dans le recueil de MM. Hatoulet et Picot : Lou qui ba loenh mandat, — Si nou troumpe, qu'ey troumpat, A cette même pensée se rattache un vieux prov. basque cité par Oihénart : « A Baïgorry ( arr. de Mauléon ), la vaisselle est de terre ; lorsqu'on parloit de m'y marier, elle estoit toute d'or. »
Les pasteurs d'Aste et de Béon, dans le Béarn, ont les mêmes coutumes que ceux de l'antique Lesbos ; l'un de ceux-ci, dans Longus, s'exprime ainsi au sujet d'un mariage : « Vous êtes des gens de bien de préférer vos voisins à des étrangers. » Daphnis et Chloé,
IL ' Hilhe de bonne maysou
Ha la camise mey loungue que lou coutilhou.
Fille de bonne maison — A la chemise plus longue que le jupon. — Elle a plus de linge que d'affiquets. Le grand luxe des riches ménagères était d'avoir des armoires remplies de linge. Avaient-elles des filles à marier, elles leur préparaient, plusieurs années à l'avance, celui qui devait composer leurs trousseaux. Ce n'est pas le meilleur progrès de notre temps, que les affiquets, aujourd'hui, l'emportent sur le linge.