‹ Proverbes du pays de Béarn; énigmes et contes populairesChapitre 40 sur 138 · II. Desempuixs la Gandelère · texte numérisé non relu

II. Desempuixs la Gandelère

Quarante dies d'hibèr que y-ha encoère, L'ours alabetz qu'ey entutat ; Si hè sourelh, aquet die, que ploure Et ditz que l'hibèr ey darrè ;

Si méchant temps hè, Que ditz que Thibèr ey passât.

Depuis la Chandeleur, — Il y a encore quarante jours d'hiver, — L'ours alors est dans la caverne ; — S'il fait soleil, ce jour, il pleure— Et dit que l'hiver est après ; — S'il fait mauvais temps, — Il dit que l'hiver est passé.

« Le 2 février, jour de la Purification Notre-Dame, qu'on nomme Chandeleur, on disoit en Bourguignon : — « Si fait beau et luit Chandelours, — Six semaines se cache l'ours. » Ce que maintenant il faut rapporter au 12 février.

Si le douzième de février Le soleil apparaît entier.

L'ours, estounê de sa lumière, Se va remettre en sa tanière, Et l'homme ménager prend soin De faire resserrer son foin ; Car l'hiver, tout ainsi que Tours, Séjourne ainsi quarante jours.

Ces pronostics sont tirés du Calendrier des bons laboureurs

* Dans une partie du Bôarn, l'article lou, la (le, la), est généralement remplacé par elh^ere.

pour 1618. Je n'ose dire : « prenez mon ours » ; mais, dans le pronostic béarnais, Vours entutat que ploure, Tours encaverné qui pleure, a plus de sentiment que « Tours, estonné de la lumière, se va remettre en sa tanière*»

Plus de deux siècles avant le Calend, des bons lab., Gaston Phœbus avait écrit, dans le livre de la Chasse : « Les ours masles demuerent aussi dedens les cavernes XFi jours sanz mengier et sanz boire, fors qu'ils poupent leurs mains, et, au XL® jour, issent hors. Et si celuj jour fet bel, ilz s'en retournent dedens leurs cavernes, jusques à autres XL jours ; quar ilz pensent que encore fera mal jver et froit jusques à celi jour. Et, si ledit jour qu'ilz issent de leurs cavernes fet let, ilz vont hors, pensant qu'il fera beau temps d'ilec en avant. »

Gaston Phœbus a introduit dans le français de son livre le

mot poupent, sucent , qui est béarnais : poupa, dans notre idiome, signifie téter ; on appelle une nourrice may de poupe, mère de mamelle . En fr., dans la Langue verte, on dit : « Maman téton ». Alf. Delvau, Dictionnaire,

ill. Si heure ha de bères hilhes, Martz que las y pilhe.

Si février a de belle filles, — Mars les lui enlève. — S'il arrive qu'il y ait floraison en février, la brise de mars la détruit.

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