VII. Ahum 1 Ahum ! Ahumalhe
Poumes y esquilhotz l Bouharoc ! Coc, coc !
Poumes y esquilhotz !
Il n'y a là que quelques mots de signification précise : « Pommes et châtaignes ! Pommes et noix î » De toutes les maisons où il y a des enfants encore au berceau, on jette aux petits coureurs qui répètent ces cris, des sous, des fruits, le plus souvent des châtaignes. On prétend que cet usage provient d'une ancienne superstition qui vit encore dans beaucoup de localités du Béarn, et qui consiste à croire que des sorcières chercheraient à pénétrer dans des maisons, la nuit et le matin de Noël, pour enlever les tout petits enfants ou
* Notices sur la vallée i'Ossau (Pau, E. Yignancour, 1838).
leur jeter des sorts. On est persuadé qu'elles s'éloignent aux cris de : Hiu I Hau I Ahum I Ahuml etc.
Dans la Flandre française, le cri Ahu I AhuI qui semble être le même que notre Ahuml Ahuml est usité ^owv huer les ivrognes et les personnages excentriques des rues. L. Vermesse, Dictionn. du patois de la Flandre franc.
Au lieu des Hiul Haul etc., des petits garçons oloronais, les enfants d'Orthez criaient ;
Picahoû I Hou I Hou I
En 1873, on a cru devoir interdire cet usage. Voici en quels termes, et avec quelle expression des meilleurs sentiments, un journal de la localité a déploré la suppression de Taficienne pratique :
« Praube Picahou, que-m hès doii ! Nou eau donne pas mey bede jeta, en arrident, per las frinestes, per mile maas berojes et poulides, las poumes, las castanbes et lous esquilhotz! Aquere hèste en Thaunou deu maynatye qui bieai de bade, que ba donne esta pergude ! Et nou sera pas mey permetut a Tanyoulin, dab las soues petites manetes innoucentes, tiengudes per lafamilhe countente et reyouide, de yeta lous sos aus sous rays badutz mey malhurous qu'eg ! . . , Et nou calera pas mey amuxa au bersoii la caritat ! . . )>
Pauvre Picahoii, tu me fais deuil ! Il ne faudra donc plus voir jeter, en riant, par les fenêtres, les pommes, les châtaignes et les noix, que tenaient mille jolies et charmantes mains! Cette fête en l'honneur de l'enfant qui vient de naître va donc être perdue I II ne sera donc plus permis au petit ange, avec ses petites mains innocentes, tenues par les parents, contents et réjouis, de jeter les sous à ses frères nés plus malheureux que lui I . . . Il ne faudra plus enseigner au berceau la charité !
Il n'est guère possible de dire exactement ce que signifient les mots Picahoû I Hou I Hou I On croit que l'usage de ce cri a la même origine que celui de Hiu I Hau I à Oloron.