LA PRÉSIDENTE, LE CHEVALIER
LA PRÉSIDEIVTR.
Quoi , VOUS êtes ici tout seul , Chevalier? Je craignais qu'on ne fut déjà assemblé.
LE CHEVALIER
Vous auriez bien pu imaginer y madame , que je
ÉÉSé
ne serais pas le dernier à me rendre où vons devez Tenir.
LA PRÉSIDENTE
Je Taurais trouvé très-mauvais.
LE CHEVALIER
Ne plaisantez donc pas.
LA PRÉSIDENTE
Je ne plaisaQte pas ; je vous dirai même que cela m'aurait étonnée y parce que je sais combien vous êtes attentif.
g. LE CHEVALIER.
Paimerais mieux le mot empressé*
LA PRÉSIDENTE
Empressé ?
LE CHEVALIER
Oui , il a plus de chaleur , et par conséquent plus de vérité.
LA PRÉSIDENTE
De la chaleur et de la vérité ! voilà des termes d'acteurs.
LE CHEVALIER
Ce sont bien aussi ceux qui conviennent aux amans*
LA PRÉSIDENTE
Si vous appelez l'exagération , chaleur ^ mais avec elle il n'y a point de vérité.
LE CHEVALIER
Quand on est trop modeste , on peut croire à l'exagération des sentimens qu'on inspire.
LA PRÉSIDENTE
Puisqu'on se les exagère à soi-même , on peut bien les exagérer aux autres.
LE CHEVALIER
Vous n'exagérez rien > vous , madame l
LA PRéSIDERTE.
Je crains trop d'être la victime de Terreur.
LE CHEVALIER
Et VOUS Fêtes, puisque vous ne croyez pas ce qui est vrai. Il me semble qu'on peut se rendre à 1 évidence sans danger.
LA PRBSIDEIÏTE.
A quelle évidence ?
LE CHEVALIER
A celle de Famour.
LA PRÉSIDENTE
Ah ! celle de Famour ! cela est différent , et je ne me refuse jamais à ce que je rencontre.
LE CHEVALIER
Réellement ?
LA PRÉSIDENTE
Oui , dans tous les romans que je lis.
LE CHEVALIER
Et dans les comédies ?
LA PRÉSIDENTE
Danr les comédies de même.
LE CHEVALIER
Et croyez-vous à la sincérité de Facteur qui rend un plein de sentimeni ?
LA PRÉdl^'ENTE.
Sûrement , je crois A son art et à son talent de feindre, et tous les deux exciteait môh admii'âfiaii.
L« CHEVAXiËft.
Mais s'il éprouve ce qu'il exprime ?
LA PRÉSIDENTE
Il rend bien mieux Fespxît de' FàUteùV.
LE CHEVALIER
V Vous ne voulez pas m'entendte.
- -y-Ja
LA prrsideîIte; Vous croyex que je ne vous y m pas Tenir* Ne YOudriez^TOUs pas que je disse : « Ah ! Chevalier ! quoi , réellement , c'est vous-même , c'est votre cœur qui parle ? Que je serais heureuse de me voir aimée par un homme aussi vrai , aussi délicat et aussi tendre que vous Tètes ! Je croyais mon cœur k Tabri de toutes les séductions ; hélas I qu'on devient faible quand on vous connaît! Âh ! pourquoi vous ai -je vu !.... » Alors vous tomberiez à mes pieds. •..
LE CHEVALIER
Ah ! sûrement , j'y tomberais !
LA PRÉSIDENTE
Eh bien cela ferait une scène toute pareille à celles que je trouve tous les jours dans les romans ; vous voyez bien qu'il n'y aurait là rien de neuf.
Vous VOUS plaisez à vous égayer à mes dépens *, ainsi , je ne saurais m'en plaindre.
LA PRÉSIDENTE
Ah ! voici madame de Vérantois et madame de Cléry. ^