‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 17 sur 166 · LA PRÉSIDENTE, M-. DE VÉRANTOIS, M~. DE CLÉRY , LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LA PRÉSIDENTE, M-. DE VÉRANTOIS, M~. DE CLÉRY , LE CHEVALIER

M"»«. DE VÉRANTOIS.

Ooi , nous voili. Où sont donc ce^ messieurs ?

LE CHEVALIER

Des Bardis est allé chercher d'Ortalin ; ils seront ici dans le momeiit.

M*»». DE VÉRANTOIS.

Je voudrais profiter du temps où tout le moùde est

6o LE RÉPERTOIRE INUTILE,

à la promenade , et voilà comme on ne peut jamais se rassembler. M. de Pirnay est allé à la chasse , lui -, mais comme il ne fait que les seconds amoureux , cela est égal.

LA PRÉSIDENTE

Nous pourrions attendre.

M"«. DE VÉRAHTOIS.

Non , non , mon cœur , asseyons-nous* Chevalier, mettes-vous auprès de la table , pour écrire la distribution des rôles. Vous devez avoir une écritoire.

Oui , il 7 a U tout ce qu^il faut.

M»». DE VÉRANTOIS.

Ah ça , Présidente , comme je suis bien plus au fait du théâtre que vous , je crois mieux connaître les piàoes que nous pourrions jouer , à moins que vous uVn proposiea que vous connaissies particulièreiiient«

LA PRESIDENTE

J^ croi$ que votre choix serm toigours le meillear.

»•♦. DK grÈKASTOIS.

I0voiftsdi»>jec<»mai$ fort Ite» tons ks dié&ires.

LE CHEVALIER

Eh hi^»! > v^Hft» vetffts que ks pièces q«e k IVmd^ikl^ préAff^ > «Mil&dksiamBgerki.

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ONZIÈME JOURNÉE. 6i

LE CHEVALIER

Parce que tout le monde veut avoir les premiers rôles , et que cela devient très-embarrassant.

En voici une , par exemple , très-facile à arranger, et dont presque tous les rôles sont également bons à jouer.

LA PRÉSIDENTE

Voyons , madame.

M"». DE VÉRANTOIS.

Vous auriez , vous , Chevalier, un rôle charmant 9 la Présidente aurait aussi un fort bon rôle , et madame de Cléry un fort joli.

M"«. DE CLÉRY

Mais , ma tante , vous savez que je ne suis pas encore trop enhardie.

M»«. DE VÉRANTOIS.

Ce rôle vous conviendra à merveille ; ainsi voilà déjà une pièce arrangée.

LA PRÉSIDENTE

Mais vous ne nous avez pas dit ce que c'était que . cette pièce. ...

M"«. DE VÉRANTOIS.

Ah ! mon cœur , je vous demande bien pardon ; c'est le Philosophe marié : je fais Céliante, le Chevalier, Damon \ vous feriez la soubrette ; et madame de aéry,MéUte.

LA PRÉSIDENTE

Je ne saurai jamais jouer un rôle de soubrette.

Pardonnez-moi , pardonnez-moi \ celui-ci est charmant , et vous le jouerez à merveille.^

LA PRÉSIDENTE

Je suis sûre que je ne m'en tirerai jamais.

M—, DE YÉRANTOIS.

Eh bien , tenes , prenez cehd dé Mélite , ma niice fera celui 4e Finette.

M»». DE GLERY.

Je ne pourra jamais , ma tante.

LE CHEVALIER

Mais , madame , c'est un rôle principal , où il faut de Tusage du théâtre , et que personne ici ne peut rendre aussi bien que vous.

M»«. DE VÉRANTOIS.

Je suis en possession de celui de Cëliante j et je ne m'en départirai point. D'ailleurs la Présidente aura un premier rôle dans une autre pièce.

LÀ PRÉSIDENTE

J^en connais peu.

LE CHEVALIER

Sans doute , et celui-là aurait pu lui convenir parfaitement.

M»». DE VÉRAKTOIS.

Comment , Chevalier , est-ce que vous ne voulez pas jouer un rôle d'amoureux avec moi ?

Ce n'est p^s ceU ) oaais c'est qu'il y a encore un autre inconvénient.

M*«..PE VÉRANTOIS.

Qu'est-ce que c'est ?

LE CHEVALIER

Vous ne voulez pas de pièces où il j ait beaucoup d'acteurs , et , dans celle-ci , les hommes nous manqueront.

•m—. DE VÉRANTOiS.

Les hommes ? Il ne nous manquera que le financier ; mais MUS aujrçns l'Abbé.

LE CHEYALIER.

Qaelabbé?. i

M—. DE VÉRANTOIS. 1

L'abbë Desglands.

LA PRÉSIDENTE

Il joue la comédie ?

M»«. DE VÉRANTOIS.

Oui , Traiment ; parce qu'il a un frère jumeau , qui loi ressemble parfaitement, et qui n*e$t pas abbé.

LE CHEYALIER.

Tentends ; il fait entendre k tout le monde que c est ce frère qui joue.

M»». DE VÉRANTOIS.

C'est cela même.

LA PRÉSIDENTE

Et il reçoit les complimens pour son frère?

M"«. DE VÉRANTOIS.

Cela ne manque jamais.

Ur: DE CLÉRY.

Cela est assez plaisant.

Bl"»«. DE VÉRANTOIS.

Ce qui Tarait empêché de jouer pendant quelque temps , c'est qu'il lui est arrivé un petit accident. Un jour qu'il avait joué fort bien , il s'était si fort pressé de se rhabiller, pour venir avec confiance s'a&seoir avec les spectateurs , et recevoir leurs complimens , qu'il avait oublié d'ôter son rouge.

LA PRÉSIDENTE

Eh bien ?

M"«. DE VÉRANTOIS.

Tout le monde s'en aperçut , et l'on s'amusa beaucoup k ses dépens.

64 LE RÉPERTOIRE INDTILE,

LE CHEVALIEB.

Je le crois.

H»'. DE VËR&NTOI5.

Ah ! ToiU ces messieurs.

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