‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 45 sur 166 · T/A6BK · texte numérisé non relu

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. Non , madame ; je ne cbasse jamais sans ma trompe.

LA COMTESSE

Mesdames , pourquoi donc n^ètes-vous pas venues hier ?

M™«. DE RAYILLE.

Nous le voulions bien, mais nos chapeaux rn*ont jamais été prêts.

LA COMTESSE

Vous en aviez ct^autres.

M—. DE BIRMONT.

Non , pas pour monter à cheval ^ ce sont des chapeaux nouveaux , qui sont les plus commodes du monde.

/LA. COMTESSE

Mais , ceux à la Henri //^.étaient fort bien. •

M"«. DEBIRMONT.

Oui 9 ils n*étaient pas . mal. Ceux-ci sont encore mieux^ ils sont ombragés de plumes ; .et puis il y a une draperie qui fait le meilleur effet du monde.

LA COMTESSE

Oui , et qui s accrochera dans les branches d'arbres.

M"»V DE BIRMONT.

Oh ! que non.

LA COMTESSE

Cest que vous avez tout perdu ^ en n arrivant que ce soir.

M™«. DERAVÎLLE.

Comiment donc ?

LA COMTESSE

On a fait aigourd^'hui la SaintrHttbert.

M»S DE BIRMONT.

Cela n*est pas possible.

M"». DE RAYILLE.

Aujourd'hui ?

TREIZIÈME JOURNÉE. i35

LA COMTESSE

Oai^ ils y sont tous allés , et ils ne 'sont pas'encore^rentrës.

. M"«. DE BIRHONT.

Cela est bien mal an Marquis; il avait dit qu*il nous attendrait.

LA COMTESSE

Il n*a pas eu de vos nouvelles.

M"«. DE RAVILLE.

CVst pour cela quHl devait penser que nous ne manquerions pas de venir.

M-«. DE BIRMOIïT.

Et nous avons refusé trois Saint-Hubert pour la sienne !

M"*. DE RAVILLE.

Ah ! je lui en dirai bien mon avis.

M»«. DE BIRMOIÏT.

Nous j qui n^étions occupées que de lui !

M. DE SAINT-AVESNES

Oui , en faisant faire de nouveaux chapeaux.

M"«. DE RAVILLE.

Mais j sans doute.

M. DE SAIIiT-AVESNES.

Savez- VOUS ce qail faudra faire ? Chasser demain ^ pour VOS nouveaux chapeaux, et sans lui.

L*ABBé.

Oui , cela est aisé à ^re. Les chiens seront trop fatigués ; ils ne seront pas en état de chasser.

M. DE SAIKT-AVESNES.

Âh ! je ne pensais pas à cela.

LA COMTESSE

Il sait tout , FAbbé.

i34 LA SAINT-HUBERT,

L'ABBE

' Cest ce que Ton appelle Ta , b^c de la chasse ] sans chiens , on ne peut rien faire.

M. DE SAINT-AVESNES

Pas même avec sa trompe.

UABBÉ

Allons j TOUS êtes un mauvais plaisant.

LA COMTESSE

Mesdames, nous apportez-vous qnelcpies nouvelles ?

M"*. DE BlfiMONt.

Ah ! mon Dieu oui ; il y en a mille. Qu*est-ce qu'on nous a donc dit, en partant ?

M. DE SAITÏT-AVESNES.

Le docteur vous a dit : beaucoup de maladies.

M"**, DE RAVILLE.

Oui , et puis des voleurs ; il y en a partout, partout.

H. DE SAINT-AVESNES

Cela est vrai : il n*est question que" d'un solitaire , qui arrête tout lemonde , et qui ne fait point de mal.

LA COMTESSE

Il ne fait point de mal ?

M. DE SAINT-AVESNES

Au contraire , madame : quand il vous arrête , si vous n'avez pas assez d'argent pour continuer votre route , il vous en donne.

LA COMTESSE

Mais ce voleur-là est un très-honnète homme!

L*ABBÉ

Il ne prend à ceux qui ont trop que pour donner à ceux qui n'ont pas assez.

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' LA GONTESSS.

Mais c*est , je crois , ce qn^on peuÉ appder un vo* leur bienfaisant !

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