T/A6BK
. Non , madame ; je ne cbasse jamais sans ma trompe.
LA COMTESSE
Mesdames , pourquoi donc n^ètes-vous pas venues hier ?
M™«. DE RAYILLE.
Nous le voulions bien, mais nos chapeaux rn*ont jamais été prêts.
LA COMTESSE
Vous en aviez ct^autres.
M—. DE BIRMONT.
Non , pas pour monter à cheval ^ ce sont des chapeaux nouveaux , qui sont les plus commodes du monde.
/LA. COMTESSE
Mais , ceux à la Henri //^.étaient fort bien. •
M"«. DEBIRMONT.
Oui 9 ils n*étaient pas . mal. Ceux-ci sont encore mieux^ ils sont ombragés de plumes ; .et puis il y a une draperie qui fait le meilleur effet du monde.
LA COMTESSE
Oui , et qui s accrochera dans les branches d'arbres.
M"»V DE BIRMONT.
Oh ! que non.
LA COMTESSE
Cest que vous avez tout perdu ^ en n arrivant que ce soir.
M™«. DERAVÎLLE.
Comiment donc ?
LA COMTESSE
On a fait aigourd^'hui la SaintrHttbert.
M»S DE BIRMONT.
Cela n*est pas possible.
M"». DE RAYILLE.
Aujourd'hui ?
TREIZIÈME JOURNÉE. i35
LA COMTESSE
Oai^ ils y sont tous allés , et ils ne 'sont pas'encore^rentrës.
. M"«. DE BIRHONT.
Cela est bien mal an Marquis; il avait dit qu*il nous attendrait.
LA COMTESSE
Il n*a pas eu de vos nouvelles.
M"«. DE RAVILLE.
CVst pour cela quHl devait penser que nous ne manquerions pas de venir.
M-«. DE BIRMOIïT.
Et nous avons refusé trois Saint-Hubert pour la sienne !
M"*. DE RAVILLE.
Ah ! je lui en dirai bien mon avis.
M»«. DE BIRMOIÏT.
Nous j qui n^étions occupées que de lui !
M. DE SAINT-AVESNES
Oui , en faisant faire de nouveaux chapeaux.
M"«. DE RAVILLE.
Mais j sans doute.
M. DE SAIIiT-AVESNES.
Savez- VOUS ce qail faudra faire ? Chasser demain ^ pour VOS nouveaux chapeaux, et sans lui.
L*ABBé.
Oui , cela est aisé à ^re. Les chiens seront trop fatigués ; ils ne seront pas en état de chasser.
M. DE SAIKT-AVESNES.
Âh ! je ne pensais pas à cela.
LA COMTESSE
Il sait tout , FAbbé.
i34 LA SAINT-HUBERT,
L'ABBE
' Cest ce que Ton appelle Ta , b^c de la chasse ] sans chiens , on ne peut rien faire.
M. DE SAINT-AVESNES
Pas même avec sa trompe.
UABBÉ
Allons j TOUS êtes un mauvais plaisant.
LA COMTESSE
Mesdames, nous apportez-vous qnelcpies nouvelles ?
M"*. DE BlfiMONt.
Ah ! mon Dieu oui ; il y en a mille. Qu*est-ce qu'on nous a donc dit, en partant ?
M. DE SAITÏT-AVESNES.
Le docteur vous a dit : beaucoup de maladies.
M"**, DE RAVILLE.
Oui , et puis des voleurs ; il y en a partout, partout.
H. DE SAINT-AVESNES
Cela est vrai : il n*est question que" d'un solitaire , qui arrête tout lemonde , et qui ne fait point de mal.
LA COMTESSE
Il ne fait point de mal ?
M. DE SAINT-AVESNES
Au contraire , madame : quand il vous arrête , si vous n'avez pas assez d'argent pour continuer votre route , il vous en donne.
LA COMTESSE
Mais ce voleur-là est un très-honnète homme!
L*ABBÉ
Il ne prend à ceux qui ont trop que pour donner à ceux qui n'ont pas assez.
TREIZIÈME JOURNÉE. i35
' LA GONTESSS.
Mais c*est , je crois , ce qn^on peuÉ appder un vo* leur bienfaisant !