‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 46 sur 166 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LA MARQUISE, LA BARONNE, LA COMTESSE, M-*. DE RAYIIXE, M-*. DE BIRMONT, LE PRÉSIDENT , LE CHEVALIER , M. DE SAINT- AYESNES, L'ABBÉ.

LA COMTESSE

Eh bien , madame d'Ândrevières ?

LA MARQUISE

Maman ?

LA COMTESSE

Voilà madame de Birmont et madame de Raville , qui viennent d'arriver. YXies croyaient que la Saint- Hubert n'était que pour demain.

LA MARQUISE

Ab ! mesdames , le Marquis sera bien fâché.

M-«. DE RAVILLE.

Comme nous n'avions pas mandé que nous ne re-

i56 lA SAINT-HUBERT,

viendrions pas , nous n^imaginions pas que ce serait

pour aiqonrdliui.

LA COMTESSE

Je ne conçois pas à quoi mon fils a pensé.

!!»•; DE BIKMONT.

' Ce n^est pas là un grand malheur. Mesdames j la chasse vous a donc menées loin ?

LA BARONNE

Nous ne savons pas ce (jumelle est devenue ; nous avons vu lancer le daim.

L*ABBÉ

Au bois de Combérly?

LA MARQUISE

Non , dans un autre endroit. Madame de TourKs et madame d^grand sont montées à cheval ^ nous avons suivi le plus qi]|e nous avons pu , et nous nous sommes perdues. Les laquais et le cocher se sont disputés ; les premiers voulaient qu^on allât à droite , le cocher a voulu aller à gauche; nous avons traversé cinq ou six petits bois , sans rien voir et sans rien entendre.

LA BARONNE

Oui , et, de toute la chasse j nous n^avons retrouvé que le Chevalier et le Président , qui s^en revenaient fort tristement.

LE CHEVALIER

Parce que nos chevaux n'en pouvaient plus.

LE PRESIDENT

Et J sans ces dames , qui nous ont ramassés , je ne sais pas comment nous serions revenus jusqu'ici.

L'ABBÉ

Ah ! si j'avais été là avec ma trompe , la chasse u aurait pas été dispersée comme cela*

TREIZIÈME JOURNEE iSy

LA COMTESSE

On n'a donc pas fait une belle chasse?

LE CHEVALIER

Pardonnez-moi ; mais on a rompu les chiens trois fois : d'abord , parce quMls avaient pris le ^change , et puis parce que le daim nous aurait menés trop loin.

L*ABBÉ

Et , en a-t-on pris , de votre connaissance ?

LE PRÉSIDENT

Dès le commencement , on en a surpris deux.

rABBÉ.

Mais , surprendre n'est pas chasser.

Je vous dis ce qui est arrivé.

L'ABBE

Attendez , dites-moi un peu , entre nous :

(Ils parlent bas.) W\ DE BIRMONT.

Madame, sa vez-vous que les chapeaux de ces dames sont absolument comme les nôtres ^ il ne faudra pas monter à cheval pour ne les pas montrer , puisquHls ne seraient pas nouveaux.

M"«. DE RAVILLE.

C'est bien à quoi je pensais.

L'ABBÉ

Ah ! mais , voilà qui est expliqué , d'abord que le premier daim n'était pas bien reconnu. Je l'ai tou«> jours dit au Marquis : pour bien chasser , il faut des principes , et ni fantaisies , ni complaisances , et ne jamais rompre les chiens quand ils suivent le premier daim lancé ; sans quoi , il ne fera jamais de belles chasses , et il perdra son équipage.

iS8 LA SAINT-HUBERT,

LE CHBTALIEm.

Ce sont ces dames «pd onf Toulm—..

Oh! jeinislneii le s a *? iteur de ces dames; mais, i la dbasse

LA COMTESSE

* Ah ! Y<nli enccve quelqu'un qui reyient.

LA BAHONNE.

Nous allons nous habiller , madame de Comberly.

LA COMTESSE

Vous ferez très-bien.

LE CHEVALIER

Et nous aussi , n'est-ce pas , Président ?

LE PHésiDERT.

Sûrement , nous en avons besoin ; et puis , si ce sont ces dames, il fkut leur laisser le temps de se calmer.

LE CHEVALIER

Oui , car je crois qu'elles noua feraient un beau train , de ne les avoir pas suivies.

LA COMTESSE

Voulez-vous voir votre établissement , mesdames ?

M*«. DE RAVILLE.

Nous ne demandons pas mieux.

LA COMTESSE

Eh bien , venez , venez avec moi.

L'ABBÉ

Restons ici , nous , SaintrAvesnes.

M. I>E SAINT-AVESNES

Je le veux bien.

Nous nous amuserons, laissez-moi faire.

TREIZIÈME JOURNÉE. tSo

M. DE SAIHT-AVESTÏES.

Qit'estH^e qui pedt revenir là, en femmes ?

L'ABBE

Madame d'Ingrand et madame de ToucU».

M. DE SAINT-AVESHES.

Tu as raison , les voilà ^ ce sont elles-mêmes.

Page 1