SCÈNE V
LA MARQUISE, LA BARONNE, LA COMTESSE, M-*. DE RAYIIXE, M-*. DE BIRMONT, LE PRÉSIDENT , LE CHEVALIER , M. DE SAINT- AYESNES, L'ABBÉ.
LA COMTESSE
Eh bien , madame d'Ândrevières ?
LA MARQUISE
Maman ?
LA COMTESSE
Voilà madame de Birmont et madame de Raville , qui viennent d'arriver. YXies croyaient que la Saint- Hubert n'était que pour demain.
LA MARQUISE
Ab ! mesdames , le Marquis sera bien fâché.
M-«. DE RAVILLE.
Comme nous n'avions pas mandé que nous ne re-
i56 lA SAINT-HUBERT,
viendrions pas , nous n^imaginions pas que ce serait
pour aiqonrdliui.
LA COMTESSE
Je ne conçois pas à quoi mon fils a pensé.
!!»•; DE BIKMONT.
' Ce n^est pas là un grand malheur. Mesdames j la chasse vous a donc menées loin ?
LA BARONNE
Nous ne savons pas ce (jumelle est devenue ; nous avons vu lancer le daim.
L*ABBÉ
Au bois de Combérly?
LA MARQUISE
Non , dans un autre endroit. Madame de TourKs et madame d^grand sont montées à cheval ^ nous avons suivi le plus qi]|e nous avons pu , et nous nous sommes perdues. Les laquais et le cocher se sont disputés ; les premiers voulaient qu^on allât à droite , le cocher a voulu aller à gauche; nous avons traversé cinq ou six petits bois , sans rien voir et sans rien entendre.
LA BARONNE
Oui , et, de toute la chasse j nous n^avons retrouvé que le Chevalier et le Président , qui s^en revenaient fort tristement.
LE CHEVALIER
Parce que nos chevaux n'en pouvaient plus.
LE PRESIDENT
Et J sans ces dames , qui nous ont ramassés , je ne sais pas comment nous serions revenus jusqu'ici.
L'ABBÉ
Ah ! si j'avais été là avec ma trompe , la chasse u aurait pas été dispersée comme cela*
TREIZIÈME JOURNEE iSy
LA COMTESSE
On n'a donc pas fait une belle chasse?
LE CHEVALIER
Pardonnez-moi ; mais on a rompu les chiens trois fois : d'abord , parce quMls avaient pris le ^change , et puis parce que le daim nous aurait menés trop loin.
L*ABBÉ
Et , en a-t-on pris , de votre connaissance ?
LE PRÉSIDENT
Dès le commencement , on en a surpris deux.
rABBÉ.
Mais , surprendre n'est pas chasser.
Je vous dis ce qui est arrivé.
L'ABBE
Attendez , dites-moi un peu , entre nous :
(Ils parlent bas.) W\ DE BIRMONT.
Madame, sa vez-vous que les chapeaux de ces dames sont absolument comme les nôtres ^ il ne faudra pas monter à cheval pour ne les pas montrer , puisquHls ne seraient pas nouveaux.
M"«. DE RAVILLE.
C'est bien à quoi je pensais.
L'ABBÉ
Ah ! mais , voilà qui est expliqué , d'abord que le premier daim n'était pas bien reconnu. Je l'ai tou«> jours dit au Marquis : pour bien chasser , il faut des principes , et ni fantaisies , ni complaisances , et ne jamais rompre les chiens quand ils suivent le premier daim lancé ; sans quoi , il ne fera jamais de belles chasses , et il perdra son équipage.
iS8 LA SAINT-HUBERT,
LE CHBTALIEm.
Ce sont ces dames «pd onf Toulm—..
Oh! jeinislneii le s a *? iteur de ces dames; mais, i la dbasse
LA COMTESSE
* Ah ! Y<nli enccve quelqu'un qui reyient.
LA BAHONNE.
Nous allons nous habiller , madame de Comberly.
LA COMTESSE
Vous ferez très-bien.
LE CHEVALIER
Et nous aussi , n'est-ce pas , Président ?
LE PHésiDERT.
Sûrement , nous en avons besoin ; et puis , si ce sont ces dames, il fkut leur laisser le temps de se calmer.
LE CHEVALIER
Oui , car je crois qu'elles noua feraient un beau train , de ne les avoir pas suivies.
LA COMTESSE
Voulez-vous voir votre établissement , mesdames ?
M*«. DE RAVILLE.
Nous ne demandons pas mieux.
LA COMTESSE
Eh bien , venez , venez avec moi.
L'ABBÉ
Restons ici , nous , SaintrAvesnes.
M. I>E SAINT-AVESNES
Je le veux bien.
Nous nous amuserons, laissez-moi faire.
TREIZIÈME JOURNÉE. tSo
M. DE SAIHT-AVESTÏES.
Qit'estH^e qui pedt revenir là, en femmes ?
L'ABBE
Madame d'Ingrand et madame de ToucU».
M. DE SAINT-AVESHES.
Tu as raison , les voilà ^ ce sont elles-mêmes.