‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 47 sur 166 · AVESNES, L'ABBÉ · texte numérisé non relu

AVESNES, L'ABBÉ

MT*, D'INGRAND

Il n^ A personne ici ?

M««. DE TOURLIS.

Ah ! voilà FAbbé !

M—, D'INGRAND

Eh ! vraiment oui.

M. DB SAXNT-AVESNE.

Nous vous attendions, mesdames.

M»«. DETOUIlLia.

Avec qui ètes-vous donc venus ?

Avec madame de Raville et madame de Birmont ?

M»«. D'INGRAND

Quoi ! elles sont ici ?

H. DE SAINT-AYESNES.

n y a déjà un peu de temps.

M"«. DE TOURLIS.

Le Chevalier et le Président ne savent sûrement pas leur arrivée ?

M—. D'INGRAND

Oui j eux qui les admirent sans cesse.

i4o LA SAINT-HUBERT,

L*ABBK.

Je roas demande pardon , iwailami» , ils la saTcaU

ll-«. DS TOURLIS.

Et comment joges-Tons cela ? car tous , l'Abbé » TOUS cnjez toot sayoir.

L'ABBÉ

Je sais encore des choses plos difficiles.

IP". DlUfGRAlfD.

Est-ce que ces dames leur avaient ëciit !

L*ABBÉ

Yoili , par exemple , ce que jlgnore.

!■-•. DE TOUKUS.

Comme le reste.

L*ABBÉ

Ab ! celoi-là est excellent ! Comment ne ronlez- Tons pas croire que je suis sur que le Cbeyalier et le Président savent que ces deux dames sont ici ?

M~. D*I]fGRAND.

Et comment me le prouverez-Tons ?

L*ABB

En TOUS disant qn ils les ont ynes.

M»». DE TOURLIS.

Snr le chemin?

L*ABBÉ

Non, madame,

M—. DE TOURUS.

Où donc?

L*ABBÉ

Ici«

M"«. D'INGRAND

Ici?

Oui, madame.

UABBE.

TREIZIÈME JOURNÉE. i4t

M^. D*IlfG11AlfD4

Quoi ! le Chevalier et le Président sont reyénus de

lâchasse?

i;abbê.

Oni , madame.

M"*. DE TOURLIS.

Tout senls ?

L*ABBÉ

Non 9 madame.

M**. DE TOURLIâ.

Avec qui donc ?

L*ABB£

Âyec la Marquise et la Baronne.

M—. D^INGRAND

Et madame de Raville, et madame de Binnont étaient d^à arrivées?

L*ABBE

Oui , madame.

M**. DE TOURLIS.

Voilà pourquoi ils se sont séparés de nous a la chasse.

M»». D*IlfGRAND.

Je n*en fais aucun doute à présent.

M**. DE tOURLIS.

Ce quHl y a de meilleur encore , c^est que la Marquise et la Baronne auront cru que c'était pour elles qu'ils revenaient.

L*ABBÉ

fld bien des raisons de le penser.

!!■•. D*INGRAlfD.

Le croiriez-vous réellement ?

L*ABBÉ

D'abord la Baronne raffole du Chevalier.

M3 LA SAINT-HUBERT

M-^ DE TOURLIS.

Ynd!

L'ABBÉ

Cda n'est pas difficile à toît.

M. DE SAINT-AYESHES.

I^Iais il me semble que le Chevalier Toas est fort attaché , i tous , -madame ? 'v

M»*. DE TOURLIS.

n ma rendu des soins y pendant quelque temps.

M. DE SAIBT-AYESlffES.

C'est ce qa*on m*a dit.

M"*. DE TOURLIS.

Mais Tons sentez bien qu'ayec mes principes.. ..

L*ABBÉ

Ah ! si TOUS mettez des principes en avant , c'est une sorte de sévérité qui éloigne aisément les hommes.

M—. D'IVGRABD.

Comment ! que voulez-TOus dire ? Est-ce qu'il faut jamais 7 renoneer ?

L*ABBÉ

Je ne dis pas cela , mais je parle des hommes.

]r*«. DE TOURLIS.

n est vrai qulls saisissent jusqu'au moindre prétexte pour être inconstans.

L*ABBB.

Cela arrive quelquefois.

M—. lyiMGRAND.

n me semble qu'il n'y a point de femme qui n'ait ses principes.

UABBÉ.

Ah ! ses principes , <m des principes , cela est fort différent ! Les uns peuvent rapprocher, quand les autres ne font qu'éloigner.

M""*. iriNGRAND.

Mais les principes qui vous rendent aisiibles dans la société....

UA.BBÉ;

Âh ! ceux-là sont les plus agréables ; fls vont à tout le monde.

M"*. D'INGRAND

Eh bien , qae voulez-vous donc dire ?

L*ABBÉ

Moi ? je n'en connais point d'autres.

M. DE SAINT-AVESIIES.

Tentends quelqu'un.

L*ABBÉ

Ce sont justement ces dames.

M-«. DE TOURLIB.

Nous allons voir comme elles sont mises.

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