LA VICOBITESSE, LA BARONNE, LE MARQUIS
LE CHEVALIER
LA BARONNE
Monsieur le Marquis , la Vicomtesse m'avait annoncé que nous aurions le plaisir de vous voir ; ainsi je n*en pouvais pas douter.
LE MARQOIS.
Je suis bien aise d'apprendre , madame , que vous aviez compté sur mon empressement à profiter de la permission que vous avez bien voulu me donner.
Je voudrais bien qu'il lui convint davantage de vivre dans votre société , madame.
LE MARQUIS
Je ne vois pas ce que je pourrais préférer à ce bonheur.
LA VICOMTESSE
Des plaisirs plus vifs et plus bruyans , sans doute.
LE MARQUIS
Voîlà bien l'opinion que vous avez de nous , mesdames ; quand vous ne nous voyez pas , vous comptez pour rien les affaires qui nous obsèdent.
LA VICOMTESSE
C'est que les affaires entraînent quelquefois le besoin de dissipation.
LE CHEVALIER
La dissipation est bonne pour les tètes légères que le travail fatigue aisément , n'est-ce pas , Marquis ? Mais nous , ce qu'il nous faut , c'est une bonne société , et qui prenne à nous un véritable intérêt.
LE MABQDIS.
Oui ^ les plaisirs du coeur sont les seuls cpii poissent toucher esscntiellemeiit.
LA BARONNE
Vous Yoyez , madame , combien le Marquis est sensible ! il est bien fidt pour goûter un bonheur constant.
LA VICOMTESSE
L^absence «pielquefois , ainsi que les amis l^ers , peuYent gâter un heureux naturel.
LE MARQUIS
Voilà comme ces dames souvent nous accusent très-iigustement ^ elles croient que loin dédies on ne peut que s^^arer.
LE CHEVALIER
Cela arrive quelquefois ; n'est-ce pas , Marquis ?
LE MARQUIS
Madame , il ne croit pas parler de lui , sans doute ; car, persuadé comme je le suis de son attachement pour vous , il me serait difficile de le croire léger. *
LA VICOMTESSE
N'est-ce pas , Marquis , que leur sort fait envie?
LE MARQUIS
n est vrai que le Chevalier est digne de son bonheur , et tout mon désir serait de Fassurer à jamais.
LA VICOMTESSE
Je suis bien aise que vous formiez les mêmes vœux que moi.
LE CHEVALIER
Cela n'est pas étonnant , vos âmes doivent s'entendre , et il espère que ces vœux ne seront pas stériles.
LA VICOMTESSE
Ah ! Marquis , auriez-vous quelques moyens de les rendre heureux ?
LE MARQUIS
C'est de quoi je suis très-occupé.
LA VICOMTESSE
Ah! qu'il me serait doux de vous avoir cette obligation !
LE MAKQUIS.
Quoi! madame, serait-il bien possible que Fabseoce , dont je redoutais les effets , n'eût pas altéré des sentimens qui m'étaient si précieux ?
LA VICOMTESSE
Comment avez-vons pu être assez injuste pour le craindre ?