‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 6 sur 166 · LA VICOBITESSE, LA BARONNE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LA VICOBITESSE, LA BARONNE, LE MARQUIS

LE CHEVALIER

LA BARONNE

Monsieur le Marquis , la Vicomtesse m'avait annoncé que nous aurions le plaisir de vous voir ; ainsi je n*en pouvais pas douter.

LE MARQOIS.

Je suis bien aise d'apprendre , madame , que vous aviez compté sur mon empressement à profiter de la permission que vous avez bien voulu me donner.

Je voudrais bien qu'il lui convint davantage de vivre dans votre société , madame.

LE MARQUIS

Je ne vois pas ce que je pourrais préférer à ce bonheur.

LA VICOMTESSE

Des plaisirs plus vifs et plus bruyans , sans doute.

LE MARQUIS

Voîlà bien l'opinion que vous avez de nous , mesdames ; quand vous ne nous voyez pas , vous comptez pour rien les affaires qui nous obsèdent.

LA VICOMTESSE

C'est que les affaires entraînent quelquefois le besoin de dissipation.

LE CHEVALIER

La dissipation est bonne pour les tètes légères que le travail fatigue aisément , n'est-ce pas , Marquis ? Mais nous , ce qu'il nous faut , c'est une bonne société , et qui prenne à nous un véritable intérêt.

LE MABQDIS.

Oui ^ les plaisirs du coeur sont les seuls cpii poissent toucher esscntiellemeiit.

LA BARONNE

Vous Yoyez , madame , combien le Marquis est sensible ! il est bien fidt pour goûter un bonheur constant.

LA VICOMTESSE

L^absence «pielquefois , ainsi que les amis l^ers , peuYent gâter un heureux naturel.

LE MARQUIS

Voilà comme ces dames souvent nous accusent très-iigustement ^ elles croient que loin dédies on ne peut que s^^arer.

LE CHEVALIER

Cela arrive quelquefois ; n'est-ce pas , Marquis ?

LE MARQUIS

Madame , il ne croit pas parler de lui , sans doute ; car, persuadé comme je le suis de son attachement pour vous , il me serait difficile de le croire léger. *

LA VICOMTESSE

N'est-ce pas , Marquis , que leur sort fait envie?

LE MARQUIS

n est vrai que le Chevalier est digne de son bonheur , et tout mon désir serait de Fassurer à jamais.

LA VICOMTESSE

Je suis bien aise que vous formiez les mêmes vœux que moi.

LE CHEVALIER

Cela n'est pas étonnant , vos âmes doivent s'entendre , et il espère que ces vœux ne seront pas stériles.

LA VICOMTESSE

Ah ! Marquis , auriez-vous quelques moyens de les rendre heureux ?

LE MARQUIS

C'est de quoi je suis très-occupé.

LA VICOMTESSE

Ah! qu'il me serait doux de vous avoir cette obligation !

LE MAKQUIS.

Quoi! madame, serait-il bien possible que Fabseoce , dont je redoutais les effets , n'eût pas altéré des sentimens qui m'étaient si précieux ?

LA VICOMTESSE

Comment avez-vons pu être assez injuste pour le craindre ?

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