‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 60 sur 166 · SCÈNE VIIL M"«. DE MORIYAL, L'ABBÉ, M. DE SAINT-ALIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL M"«. DE MORIYAL, L'ABBÉ, M. DE SAINT-ALIN

M. DE SkîH^t^fLhlTH,

L'Abbé ^ dis-^otts doue où va comme cela mu mère ?

L*ABB£

Elle va donner des ordj^es pour que le départ no puisse pas être retardé d un instant.

M"«. DE MORIVAL

Nous sommes les plus malheureux du monde !

L'ABBÉ

Que vous est-il donc arrivé ?

M"«. DE MOHIVAL.

L'Abbé., nous n'espérona qu'en vous, Pourquoi, que puis^je faire?

M. DE SAÏNT-ALIN.

Nous aider à faire retarder ce départ , dire qu'il obligera mon père à faire ici plusieurs voyages , qu'il

voudra peut-être enfin j rester seul , et que nous ne Tûulons pas avoir à nous reprocher d'en avoir été la cause.

L*ABBÉ

Ceci m^a bien Tair de n'être qvCun prétexte ; parlez-moi vrai ?

M. DE SAINT-ALIIÏ.

Eh bien , tiens , lis. Voici une lettre du Président , que je viens de recevoir à Tinstant , et que je devais avoir avant-hier.

L«ABBé.

Voyons (Il Ut.) Gomment ! sa mère l'a chargé de t'écrire qu'elle viendrait , avec madame de Ranville et lui , habiter ici jusqu'au moment où nous irons à Paris j si cdia convient à votre mère ?

M. DE SAINT-ALIN

Oui , et comment me charger dé lui dire cela , après tout ce que nous avons fait pour la déterminer à partir ?

L*ABBÉ

n est vrai qu'elle en pourrait deviner le motif. Gela dcrvient embarrassant ! Tu ne peux pas lui montrer cette lettre à présent : une heure plus tôt, cela était bien différent.

M. DE SAINT-ALIIi.

Sans doute.

L'ABBE

Il faut la supprimer.

M"V DE MORIVAL

Ensuite ?

UABBÉ.

N'est-ce pas la Baronne qui a obtenu de ton père qu'il partirait avec nous ?

M"*. DE MORIVAL

G 'est elle-même .

tyô LE DÉPART DE LA CAMPAGNE,

L*ABBÉ

n faut i présent qu'elle le fasse changer d'ans , qu'il dise que , toutes réflexions fiiites, il veut abso* lument rester ici.

M"*. DE MGRIYAL.

lia Baronne ne peut pas se chaîner de cela.

L*ÀBBB.

Vous le croyez ?

M"*. DE MOaiVAL.

j^en suis sure ; et comment la désayouer après toutes les démarches qu'elle a faites , en notre nom et au âen, auprès de mon père pour nous faire partir ?

L'ABBS.

Vous n'ayez pourtant que cette ressource.

M. DE saiht-alin.

Si nous pouyions parler i mon père ?

Oui, inventer quelques moyens.

M. DE s A lux- A Lin.

Tu pourrais faire cela, toi, l'Ahbé^ la Baronne n'osera pas t'en vouloir.

L*AB BÉ

C'est-à-dire qu'elle ne me le dira pas; mais, dans le fond de son âme , elle pestera contre moi.

M"«, DE MGRIYAL.

J'entends, je crois , mon père.

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