SCÈNE VI
. pE MOKTORGUEIL, M. D0 POHCEATJ, ZOÈ DD CROISSANT, LA BONNE JUSSIENNE.
LA BONH E.
Itlademoiselle , ou allez-vous donc ?
ZOÉ
Ma bonne , allez-vous vons asseoir IJt ?
LA BOT) NE
Oui , mademoiselle : est-ce qne vous n'avez pas en-
s attendrions ici votre cousine, pour ' Tuileries ?
\^ ^?5fer ZOÉ.
boiine , je Pavais oublié.
<^ JUais d'attention à rien.
"^ ais bien aller voir les. images
s^ "^ ^assin.
LA B0I7IÏE.
. déjà dit, mademoiselle, que cela s*apdstampes.
ZOÉ
Jù, bien, je voudrais voir les estampes?,
LA BOKHE,
Une antre fois.
ZOÉ
Oui , et puis vous direz peut-être encore que non.
LA BONNE
Peut-être bien \ c'est selon.
ZOÉ
Je vais regarder les estampes du petit livrée de fables qu'on m'a donné.
LA BONNE
A la bonne beure , vous ferez bien.
H. DU PONCEAU
Elle me parait fort jolie , mademoiselle , cette pfetite demoiselle-là.
LA BONNE
Vous ne diriez pas cela , monsieur , si vous la voyiez ce soir quand elle reviendra des Tuileries , où elle se sera tonte décoiffée.
i56 C0WVERSATICMI5 DU PALAIS-ROY Al. ^
M. DU POlfCEAU.
Elle me paraît font tîtc.
CeatjniTni lutin, je ne penx pas la tenir nn seul
H. DU POWCEAU.
Qnel âge a-t-dle donc ?
LA BOlfSE.
Cinq ans et demi.
n. DU POlfCEAU.
nie est fort grande poor son âge.
LA BONNE
Et elle grancKt chaqoe jour : tons les six mois , il fant renouTeler tons ses liahits , rien ne peat plus lui
IL DU'PONCEAU
Ses parens scmt sans doute fort riches ?
LA BONNE
Mais , oui , monsieur ; la maison est assez bonne.
M. DU PONCEAU
Et comment se nomme scm père ?
LA BONNE
Monsieur Du Croissant ; monsieur le connaît sûrement?
M. DU PONCEAU
Je TOUS en réponds \ et madame Du Croissant estelle toujours jolie ?
LA BONNE
Elle le croit , au moins , et elle fait tout comme.
M. DU PONCEAU
Elle voit beaucoup de monde ?
LA BONNE
Cela ne finit pas , et totyours de nouveaux visages.
SËIÏIÏaiIE JOURNÉE. ti57
M. DU PONGEAD.
En femmes?
LA BONTïE.
En femmes , en hommes. EUe mène des wiskis, à présent.
M. DU PONCEAU
Elle se cassera le cou.
LA BONNE
EUe est déjà tombée denx fois , elle sVst fait mal ^ et elle est même menacée d'un cancer de sa dernière chute.
M. DU PONCEAU
Eh bien , cela ne Tarréte pas ?
LA BONNE
Bon ! rien ne Tarrète, il faut qu'elle fasse toujours tout ce qu^elle veut.
ZOÉ
Ma bonne , ma bonne , voilà ma cousine*
LA BONNE
Où cela?
ZOÉ
Auprès du bassin.
LA BONNE
Messieurs , je suis bien votre servante. Allons, ma-* demoiselle , faites-donc la révérence à ces messieurs.
Adieu, mademoiselle.