‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 131 sur 256 · ACTE I, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XII

M. DE SAJNT-ALPHART.

Je perdrais plutôt la vie que de souffrir qu'il pût tous posséder.

Calmez-vous , et écoutez-moi : je ne crois pas qu'il m'aime ; jamais rien n'a pu me le faire penser ; et , dans l'instant encore , tout en lui m'a paru devoir me prouver le contraire.

M. DE SAINT-ALPHART.

Je puis le faire expliquer.

M ,u . ADÉLAÏDE.

Rapportez-vous-en à moi. Rarement une femme se trompe sur les sentimens qu'elle inspire.

Ne craignez rien ; j'aime Rosan.

M lu . ADÉLAÏDE.

Voyons les moyens qu'il faut employer pour rompre ce projet.

M. DE SAINT-ALPHART.

Et , comment ?

M ,,e . ADÉLAÏDE.

J'ai feint de renoncer au mariage pour me conserver pour vous. On me croit insensible , et l'on ignore notre amour. Confiez à mon père notre secret , et ce qui vous a engagé à cacher votre vrai nom. Abandonnez vos prétentions sur la terre dont vous devez hériter , et qui cause ce procès déraisonnable qui anime mes parens contre monsieur votre père.

M. DE SAINT-ALPHART.

A merveille !

M n «. ADÉLAÏDE.

Pour lors , trouvant en vous un homme généreux , mon père et ma mère , touchés de ce procédé ,

î3o LA PROPOSITION DE MARIAGE,

offriront un accommodement dont notre mariage deviendra le sceau.

M. DE SAINT-ALPHART.

Comment n'avons-nous pas en plus tôt une idée si heureuse?

M lle . ADÉLAÏDE.

Sans crainte pour notre amour, l'espoir, même éloigné , du bonheur , en (était déjà un réel dont nous jouissions.

M. DE SAINT-ALPHART.

Ah ! que rien ne le retarde plus.

M lu . ADÉLAÏDE.

Allez trouver mon père , et ne diffères pas un instant.

M. DE SAINT-ALPHART.

J'y vole , et je vous rapporte sa réponse.

FIN DU PREMIER ACTE

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